Le B17 G 42-97084 SPARE CHARLIE (cliché du 30 Mai 1944)

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LA MISSION

Le 22 Juin 1944, 12 bombardiers B 17 ont pour cible la centrale électrique d'Abbeville. Ils appartiennent au 534th Bomb Squadron, 381st Bombardment Group, Heavy de la 8th Air Force. Un 13ème bombardier de la même unité s'est joint au groupe,  alors que sa mission initiale avait pour objectif la centrale de Holque (près de Dunkerque)... Arrivés sur la cible, il ne reste que 12 appareils, l'un d'entre eux ayant dû faire demi tour pour ennuis mécaniques. Au départ, cette mission est prévue pour être un "Milk Run", autrement dit une  promenade de santé. Pourtant les choses ne vont pas se dérouler aussi tranquillement que prévu. A 19h 08, 142 bombes de 500 livres GP sont larguées. Soudain, la DCA de gros calibre  ouvre  le feu sur la formation. Deux B17 sont touchés, le "Spare Charlie" subit 2 impacts qui lui sont fatal, l'appareil plonge brutalement et s'écrase dans le marais d'Épagnette. L'autre appareil parviendra à rejoindre l' Angleterre en dépit des avaries subies. D'après le rapport de police, les bombes ont été larguées à 19h 10, ont détruit un immeuble en ville et en on endommagé quatre autres partiellement. La centrale d'Abbeville n'a  subit aucun dégât. Dans les jours qui suivront d'autres bombardiers interviendront pour tenter de détruire la centrale.

L' équipage "Sam Peak" tel qu'il était à la fin de sa formation (différent de celui du Spare Charlie).

L'equipage au compet avec legende.jpg
Photo de l'équipage de Sam Peak  prise à Alexandria Air base en Louisiane.  C'est dans cette base que les aviateurs reçurent leur formation de bombardement en B17 à partir de Janvier 1944. Cette date marque également le début de leur collaboration en équipe. Ils sont 10 sur la photo. Le navigateur Thomas J Tracy fut remplacé  par James "Hap" Harris Chandler. Le surnom de "Hap" pour "Happy"  caractérisait la bonne humeur du nouveau navigateur et sa joie de vivre. L'armurier mitrailleur de tourelle ventrale Redin R Kilpatrick quitta le groupe. L'équipage au complet resta au nombre de 9 jusqu'a la mission fatale. Thomas J Tracy et Redin R Kilpatrick furent intégrés dans d'autres équipages de B17.
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Accroupis, de gauche à droite : Pilote  Samuel L Peak 1st Lieutenant, Co pilote Victor R. Romasco 2nd Lieutenant  ,  Navigateur  Thomas J Tracy 2nd Lieutenant, Bombardier  Allen Hilding Osterberg 2nd Lieutenant
Debout derrière de gauche à droite  : Mitrailleur tourelle supérieur  Murl Francis Simmons Staff Sergent,Mitrailleur Sergent Dick "Delno" Richard Oberlin Staff Sergent, Opérateur radio  Frank Albert WelkeJr Staff Sergent, Assistant radio et Mitrailleur tourelle ventrale   Robert F. Scharff Staff Sergent , Armurier et Mitrailleur tourelle ventrale  Redin R Kilpatrick Staff Sergent,
Mitrailleur de tourelle arrière  Max L Rockey. Staff Sergent


Bob Petroski.JPG
Jack Lundberg.JPG

Les remplaçants sur la dernière mission du Spare Charlie



Co pilote remplaçant 1st Lt. Robert “Bob” Frank
Petroski, pour une raison inconnue Vic Romasco
volait sur le B17  "Schnozzle".
Navigateur 2nd Lieutenant John Jack Keith Lundberg
il remplace le Flight Officer James “Hap” Harris Chandler
qui vole sur "Schnozzle" avec Vic Romasco.
Hap Chandler.JPG

Le Flight Officer James “Hap” Harris Chandler qui
remplaça le navigateur Thomas J Tracy .


Le tour d'opérations que devait effectuer chaque membre d'équipage d'un bombardier de l'US Air Force  s'élevait à 30 missions en 1944. Au départ de l'intervention américaine en Août 1942 ce nombre était de 25, il passa par la suite à 35, suivant les taux de pertes enregistrés et le degrés de difficulté des missions. Après celà, les aviateurs étaient congédiés et rentraient chez eux. Certains pouvaient se porter volontaires pour effectuer un second tour. L'équipage de Sam Peak en  était à sa 23ème mission lorsqu'il décolla de sa base de Ridgewell le 22 Juin 1944.  Seuls deux membres faisaient exception à la règle Bob Petroski participait à sa 29 ème mission (il ne lui restait qu'une seule mission avant de rentrer chez lui), et John JK Lundberg  en était à sa 12 ème.

LA CHUTE DU SPARE CHARLIE VUE DEPUIS UN AUTRE B17 DU GROUPE

Alors que la flotte de B17 s'approchait de la gare d'Abbeville, « Spare Charlie » s'apprêtait à lâcher ses bombes à une altitude de 25 000 pieds. Vers 19h10, aussitôt après que le bombardier Allen Osterberg annonçait que les portes de la soute à bombes étaient fermées, Spare Charlie reçut un coup direct dans la soute et entre les moteurs 2 et 3.

Ces tirs de 88 mm provenaient de la Flak allemande installée au sol.

C'était la première mission du Lt Robert Kaurin qui occupait la position de copilote à l'intérieur de l'avion numéro deux qui se trouvait sur l'aile gauche du leader Spare Charlie.

Voici son témoignage :

Je fus convaincu qu'il ne s'agissait plus d'une promenade de santé quand un éclat d'obus traversa le plancher du cockpit en me frôlant ; il était passé entre mon dos et la plaque de blindage arrière du siège que j’occupais avant de traverser le toit de notre B17. Juste après que nous ayons tourné au-dessus de la cible, l'avion de tête fût directement touché par un obus de 88 mm. Il y a eu une explosion à l'intérieur du réservoir principal de carburant numéro 2, qui se transforma en une énorme boule de feu. J'ai vu le pilote tourner la tête pour regarder cette vision de fin du monde en même temps qu'il tirait sur le manche.

Son avion a alors effectué un virage en montée à gauche puis il a décroché. J'ai pris les commandes de mon appareil et je lui ai fait prendre de l'altitude en virant sur la droite . La boule de feu émise par Spare Charlie avait embrasé notre aile droite.

Tandis que Spare Charlie décrochait sur la gauche, ma manœuvre amena notre appareil à faire de même sur la droite, ce qui eu pour conséquence de nous faire quitter le groupe.
Nous avons ensuite pu remonter pour rejoindre la formation après avoir récupéré du décrochage. Nous nous sommes rapprochés du B17 qui avait maintenant pris la position de leader. Spare Charlie a d'abord explosé avant de  plonger et de disparaître de la vue des autres B17, il s'est ensuite cassé en deux parties.

Note : Contrairement à ce qu'indique le Lt Kaurin, l'appareil ne s'est pas cassé en deux car le fuselage a été retrouvé à terre dans son intégralité.

Sur les neuf membres à bord, un seul a survécu. Lorsque l'avion est entré dans une spirale serrée, et que les flammes sont apparues sur les ailes, la force de la vrille a plaqué l'équipage du Spare Charlie contre les parois de l'appareil, les empêchant de sortir de l'avion en feu. Alors que le B-17 entamait sa chute, le mitrailleur Dick Oberlin a été "soufflé" par la porte.

- « J'ai attrapé mon parachute et j'ai été projeté hors de l'avion vers l'avant. »

Après avoir atterri dans un champ de foin, le sergent Oberlin a réalisé qu'il avait été blessé à une jambe, une main et au visage par un éclat d’obus. En se rappelant ce moment, Dick a fait la remarque suivante : "Je n'ai jamais rien ressenti, jusqu'à ce que je touche le sol. Quand deux jeunes filles françaises se sont approchées de lui, Dick a pensé qu'il pourrait être secouru et caché par les Français dans la zone occupée par l'Allemagne. Mais ces espoirs ont été rapidement anéantis lorsqu'il a été encerclé par les soldats Allemands.

Il a été retenu toute la nuit dans une maison, sans aucun soin médical pour ses blessures. Le Sgt.Oberlin était mort de peur   "...j'avais l'impression d'être seul au monde  car mes camarades étaient maintenant disparus."

Peu après que Spare Charlie se soit écrasé dans Les Marais d'Épagnette, les Allemands sont vite arrivés sur les lieux. Mais un petit garçon et son père qui habitaient à 250m du crash les avaient devancés. Avant que les Allemands ne les écartent, le petit garçon remarqua au sol un corps proche de l'épave fumante. Il fut très impressionné. Il garda en mémoire le blouson spécifique que portait l'homme ainsi que son casque et son masque respiratoire. Les allemands constatèrent la présence d'autres corps à l'intérieur. Les soldats auraient demander aux habitants d'enterrer les corps dans le champ à proximité du lieu de l'accident ou les jeter dans la Somme. Ils repartirent avec des effets de l'homme au sol et après avoir identifié l'avion.

Le rapport des Allemands indiqua que cinq des hommes étaient morts, mais ils ne purent identifier que Frank Welke. Donc on peut penser que c'était l'homme trouvé au sol puisque c'est le seul dont ils ont récupérés les effets. Les corps de l'équipage du Spare Charlie ont été laissés dans le marais pendant trois jours, jusqu'au 25 juin, date à laquelle six d'entre eux ont été récupérés par des civils français, qui, sous le couvert de la nuit les ont mis dans des cercueils et enterrés dans les tombes 301 à 306  du cimetière de Mareuil-Caubert, une commune proche du site de l'accident. Au moment des funérailles, seuls deux hommes, Sam Peak et Allen Osterberg, avaient pu être identifiés. Le nom du Lt Sam Peak était inscrit sur sa veste et les étiquettes d'identification du lieutenant Osterberg furent trouvées sur son corps.  Le lieutenant Peak a été enterré dans la tombe 302 et le lieutenant Osterberg dans la tombe 303.


Sur la tombe des quatre autres aviateurs on inscrivit « inconnu ».
Ce sont les Service américains qui identifièrent leurs hommes quant ils exhumèrent les corps en 1945 pour leur transfert pour le cimetière américain de St Pierre de l'Eure avant une nouvelle exhumation pour Colleville sur Mer plus tard.

L'homme enterré dans la tombe 304 était Bob Petroski. Il avait une montre Bulova qui était figée à 7h10, l'heure exacte à laquelle Spare Charlie a été touché et a explosé. Le numéro 438 pouvait être lu sur la veste de l'homme (identifié plus tard comme Max Rockey) enterré dans la tombe 306. Diverses cartes, un portefeuille et vingt billets de 100 francs ont été trouvés sur l'homme (identifié plus tard comme Frank Welke) enterré dans la tombe 305.

Le 9 Février 1945, un ou des habitants d'Epagnette ont retrouvé le corps du navigateur, le lieutenant Lundberg, rive droite de la Somme au milieu des marais et des grandes herbes. On suppose qu'il était sur la propriété du chateau d'Epagnette qui n'était pas habité lors de cette période.

Jack a été reconnu grâce à ses étiquettes d'identification militaires. Son corps a été réclamé aux Français par les Anglais, qui détenaient le territoire à l'époque. Plus tard ce jour-là, il a été enterré dans la tombe n° F-10 dans la section militaire britannique du cimetière communal d'Abbeville.
 
Un homme restait pourtant disparu: le Sergent SCHARFF mitrailleur ventral !  


Celui-ci fut retrouvé le 7 Janvier 1947 par les Services américains eux-mêmes, venus sur place pour inspecter l'épave. Ils profitèrent de cette période hivernale pour approcher l'épave qu'ils élinguèrent pour pouvoir la tirer avec des jeeps. Ils retrouvèrent le corps de SCHARFF à son poste de combat sous l'avion !
 
(*) Emmanuel Berle a recueilli le témoignage de  M Yves Jacob, âgé de 5 ans à l'époque des faits,  qui n'est autre que le petit garçon témoin de la chute  qui habitait à 250 mètres du lieu du crash. Il s'était rendu sur place avec son père et avait vu les Allemands effectuer les premières constatations avant de  repartir avec le blouson d'un aviateur qui pouvait être celui de Franck Welke. Les Allemands appartenaient à une unité de transmission la 6ème Division de parachutistes en cours de constitution et d'installation au Sud d'Abbeville. Ils étaient en charge entre autre des avions abattus et de leurs équipages.

LE SORT DES MEMBRES DE L'ÉQUIPAGE

Des débris du Spare Charlie se sont écrasées dans les basses terres et les marais entre les communes de Mareuil-Caubert et Épagnette, à environ deux kilomètres au sud d'Abbeville.

Echappatoires B17.JPG

Comment s'échapper d'un B17 "Forteresse Volante"


Lieu du crash avec legende.JPG

Le lieu de chute du "Spare Charlie"



Légende de la carte :

1) Une partie du Spare Charlie est tombée ici avec une mitrailleuse et un moteur. Les Allemands sont arrivés rapidement et ont récupéré la mitrailleuse. C'est également l'endroit ou l'on retrouva le corps de Jack Lundberg 8 mois après le crash.

2) L'endroit ou un autre moteur est tombé et ou la presque totalité de l'appareil et de l'équipage ont été retrouvés (ainsi que le corps de Robby Scharff dégagé de la tourelle ventrale envasée dans le marais début janvier 1947).

3) Mareuil-Caubert, la ville ou six des membres d'équipage ont été enterrés (avant d'être transéféré).

Dessin Fuselage.JPG
Dessin représentant  la localisation du fuselage à l'intérieur duquel on retrouva le corps de Robby Scharff coincé dans sa tourelle ventrale en 1947.

22 Juin 1944, composition de l'équipage du Spare Charlie


1St Lt Samuel L PEAK Pilote (né le 5 Mai 1917 à Fort Worth, Texas - Marié 1 enfant)

1St Lt Robert F PETROSKI Co Pilote (né en 1921 à Detroit, Michigan - Marié 1 enfant)

2nd Lt John K LUNDBERG Navigateur (né en 1919 à Val Verda, Utah (Marié le 15 novembre 1943 )

2nd Lt Allen OSTERBERG Officier de Bombardement (né le 25 Octobre 1916 à Delta, Michigan)

S/Sgt Murl F SIMMONS Mitrailleur supérieur (né le  5 Octobre 1922 à DeKalb, New York)

S/Sgt Frank A WELKE Opérateur radio (né le 21 Septembre 1923 in Queens, New York)

S/Sgt Robert F SCHARFF Mitrailleur de tourelle ventrale (né le 10 Décembre 1921  Bronx, New York)

S/Sgt Richard D OBERLIN Mitrailleur latéral (né le 20 Juin 1924 à West-Unity,Ohio - Marié le 25 décembre 1942- 2 enfants après guerre)

S/Sgt Max L ROCKEY Mitrailleur arrière (né le 22 Janvier 1924 à Springport, Michigan)

Le S/Sgt OBERLIN, seul survivant du crash, fut fait prisonnier par les Allemands et envoyé au Stalag Luft IV-B près de Kiefheide en Allemagne, un camp ou étaient emprisonnés uniquement des aviateurs. Il fut libéré le 6 mai 1945.

moteur du spare charlie apres le crash.JPG
Un moteur du Spare Charlie retrouvé dans les marais sur la rive droite de la Somme dans la propriété du château d'Épagnette appartenant à M Pierre DE COSSETTE qu'on voit  sur cette photo.

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Emplacement ou fut retrouvé le corps de R Scharff

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Position du mitrailleur de la tourelle ventrale
Il devait rester dans cette position tout le temps
de la mission (parfois 8 heures pour les plus longues.)

Les dernières demeures des membres d'équipage du Spare Charlie

Dans un premier temps seul 6 membres d'équipage furent retrouvés et enterrés au cimetière de Mareuil-Caubert, les corps furent par la suite transféré à la nécropole provisoire de St André de l'Eure. Le corps de Jack Lunberg retrouvé le 15 février 1945 fut inhumé au cimetière communal d' Abbeville, puis transféré comme les autres à St André de l'Eure.  Robby Scharff retrouvé en 1947 fut  enterré au cimetière de Blosville dans le département de la Manche (à plus de 300 kms à l' ouest d' Abbeville). Les familles des défunts furent contactées  pour savoir ce qu'elles souhaitaient pour leur proches : soit le retour au pays du défunt ou l'inhumation dans un cimetière américain situé en France. C'est ainsi que Robby Scharff, Allan Osterberg et Frank Welke repartirent au pays. Les autres furent enterrés au Normandie American Cemetery de Colleville sur Mer.

Tombe de Robby Scharff, Woodland Cemetery Bronx New York

Robby Scharff's grave Woodland cemetery bronx New York.JPG

Tombe de Allen Osterberg, Gardens of Rest cemetery - Wells - Michigan

Allen Osterberg grave Wells Michigan.JPG

Tombe de Franck Welke, Greenfield Cemetery - Uniondale - New York

Franck Welke Grave.JPG
Cimetiere Colleville.JPG
Plan du Normandy American Cemetery de Colleville sur Mer avec implantation des tombes des membres d'équipage du Spare Charlie restés sur le sol de France.


Pilote Sam Peak Carré A, Rang 4, Tombe 30 - Co-Pilote  Robert "Bob" Petroski Carré A, Rang 15, Tombe 42 - Navigateur John "Jack" Lundberg Carré B, Rang 10, Tombe 17, Mécanicien et Mitrailleur tourelle supérieure Murl Simmons Carré B, Rang 2 Tombe 18, Mitrailleur de queue Max Rockey, Carré D, Rang 13, Tombe 34.

Tombe de Sam peak

Sam Peak's grave Normandy cemetery.JPG

Tombe de Bob Petroski

Bob Petroski Grave.JPG

Tombe de Jack Lundberg

Jack Lundberg Grave.JPG

Tombe de Murl Simmons

Murl Simmons Grave.JPG

Tombe de Max Rockey

Max Rockey Grave.JPG

Notre association n'a pas effectué de recherches sur le terrain en ce qui concerne le B17 "SPARE CHARLIE", cette page a vu le jour grâce à la passion d'un amateur éclairé membre de notre association depuis un an, Monsieur Emmanuel BERLE. Celui-ci m'a contacté et m'a demandé de rédiger une page sur l'histoire de ce B17. Il convient également de remercier Miss Camille Noël de la George Washington University qui est l'auteure d'une thèse complète sur les équipages de Sam Peak dont le titre original est :

"Service, Sacrifice, Loss, Grief, and Memory:
The Sam Peak and Spare Charlie Crews
534th Bomb Squadron, 381st Bombardment Group,
Heavy
April 11, 1944-June 22 & 24, 1944

Cette jeune étudiante a effectué un travail de recherches très approfondies en collaboration avec Emmanuel BERLE qui l'a aidé à construire  sa thèse du début à la fin. Il  résulte de cette association un document de 180 pages dont nous faisons ici le résumé. Une rencontre était prévue à la mi-mars 2020 mais le Covid 19 a reporté cet évènement à une date ultérieure.

Rappelons également que Jean Pierre Ducellier a mentionné cette mission dans l'un de ses ouvrages.

                                                                                                                                           Pierre Ben Président de Somme Aviation 39/45



Les 23 missions effectuées par l'équipage au départ de Ridgewell (25 Avril au 22 Juin 1944)

Le 11 Avril 1944, l'équipage intégra la base de Ridgewell dans l' Essex, située à environ 90 kms au nord-est de Londres. Ils débutèrent leur tour d'opérations 2 semaines plus tard, voici la liste complète des missions effectuées :


 1- Metz-Frescaty, France. Bombardée le 25 Avril.
 2- Cherbourg, France. Bombardée le 27 Avril
 3- St. Avord, France. Bombardeé le 28 Avril.
 4- Berlin,  Bombardée le 29 Avril.
 5- Troyes, France. Bombardée le 1er Mai.
 6- Cherbourg, France. Bombardée le 6 mai (Le 6 mai Bombardement de La Glacerie en plus de Cherbourg)
 7- Berlin Bombardée le 7 mai
 8- St. Dizier, France. Bombardée le 9 Mai.
 9- Lutzkendorf, Allemagne. Bombardée le 12 Mai.
10-Berlin, Allemagne Bombardée le 19 Mai.
11- Kiel, Allemagne. Bombardée le 22 Mai.
12- Saarbrücken, Allemagne. Bombardée le 23 Mai.
13- Leipzig, Allemagne. Bombardée le 28 Mai.
14- Posen, Pologne. Bombardée le 29 Mai.
15- Hardelot, France. Bombardée le 3 Juin.
16- Ver-Sur-Mer, France. Bombardée  le 6 Juin.
17- Kerlin-Bastard, France. Bombardée le 7 Juin.
18- Tours, France. Bombardée le 8 Juin.
19- Lille, France. Bombardée le 12 Juin.
20- Hamburg, Allemagne. Bombardée le 18 Juin.
21- Merignac, France. Bombardée le 19 Juin.
22- Hamburg, Allemagne. Bombardée  le 20 Juin.
23- Abbeville, France. Abattu le 22 Juin.

La Base de Ridgewell

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La tour de contrôle

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Les baraquements de la base

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Le destin de Dick Oberlin prisonnier au Stalag Luft IV B

Après avoir atterri dans un champ de foin, le Staff/Sergent Oberlin réalisa qu'il avait été blessé par des éclats d'obus à une jambe, une main, et au visage. En se rappelant ce moment Dick fit la remarque suivante : "Je n'ai jamais rien senti, jusqu'à ce que je touche le sol". Quand deux jeunes filles françaises se sont approchées de lui, Dick a pensé qu'il pourrait être sauvé et caché par les Français dans la zone occupée. Mais ses espoirs ont rapidement été anéantis lorsqu'il a été encerclé par un groupe de soldats Allemands. Il a été retenu prisonnier toute la nuit dans une maison, sans aucun soin médical pour ses blessures. Le lendemain Dick Oberlin fut emmené à Poix ou il resta enfermé pendant quatre jours. Au cours de son transfert, il dû s'allonger sur une caisse en bois qui,selon ce que les Allemands avaient laissé croire (*) contenait le corps de Franck Welke, l'opérateur radio. De Poix, il fut transféré à Bruxelles ou il dû subir plusieurs interrogatoires. L'Allemand qui l'interrogea  lui fit croire que Franck Welke avait fait des révélations avant de mourir. Dick fut accusé de mensonge en communiquant ses réponses, et il fut renvoyé dans sa cellule avec la menace d'être exécuté le lendemain matin. Finalement, on l'emmena au Dulag Luft de Francfort ou un médecin prit enfin soin sommairement de sa blessure à la jambe qui s'infectait. Enfin, il intégra le Stalag Luft IV-B près de Kiefheide le 8 Juillet 1944. Ce camp réservé aux aviateurs prisonniers de guerre contenait 8000 hommes qui étaient entassés à raison de 24 hommes  dans chaque baraque. La ration journalière était composée d'une tasse d'eau chaude, d'un litre et demi de soupe au choux, d'un peu de pain avec occasionnellement un morceau de viande. En complément chacun recevait une moitié de colis de la Croix Rouge chaque semaine.
Le 6 Février 1945, à l'annonce de l'arrivée des troupes alliées, le directeur du camp réunit les prisonniers et les emmenas pour une longue marche de 1200 km qui se termina le 2 mai 1945. Les prisonniers furent libérés par la Deuxième Armée anglaise à proximité de Gudow. Les conditions d'internement et la longue marche avait entamé le moral et le physique des prisonniers. Dick Oberlin déclara par la suite : lorsque je fus capturé je pesais environ 80 kg, à ma libération j'étais descendu à 45 kg...  Dick s'était lié d'amitié avec son compagnon de détention Glen Naze avec qui il resta en contact jusqu'à la fin de sa vie. Un jour que Dick se plaignait de douleurs dans le dos, Glen chauffa son canif et fit des incisions dans le dos de son camarade. Il parvint ainsi à retirer une trentaine de morceaux de métal provenant d' éclats d'obus. Dick s'était marié 25 décembre 1942 avec Elizabeth “Betty” Harker, dont il eut à notre connaissance 2 enfants.

Dick Oberlin s'éteignit le 31 Décembre 2012 à Tolédo dans l'état d'Ohio.

(*) Dick affirme que le camion dans lequel il se trouve contient des  cercueils sommaires (caisses en bois suivant son témoignage) dans lesquels ont été déposés les dépouilles de ses camarades. Toutefois cette hypothèse n'est pas plausible car on sait que les Allemands ont laissé les corps de l'équipage sur place, et que 6 d'entre eux ne seront récupérés que le 25 juin par les habitants des environs. Les défunts seront inhumés le même jour  dans le cimetière de Mareuil-Caubert ou 4 membres d'un autre équipage de la RAF seront enterrés en même temps. Psychologiquement on peut penser que les Allemands ont utilisé cet argument pour déstabiliser l'aviateur américain en vue de ses interrogatoires futurs.


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Le Staff Sergent Dick OBERLIN

Assistant engineer and waist gunner staff Sergent Dick Oberlin.JPG

Le sort des autres membres de l'équipage de Sam Peak qui n'étaient pas dans le "Spare Charlie"

En l'espace de trois jours, tous les membres  de l'équipage de Sam  Peak  ont été tués ou capturés.  Le 24 juin, Vic Romasco et Hap Chandler ont embarqué à bord du B17 "Betty L" pour une mission qui consistait à détruire un pont du chemin de fer au dessus de la Loire à l'ouest de Tours.  Tout s'était bien passé jusqu'à 8h40 environ, lorsque le "Betty L" a reçu " un obus dans la soute à bombe et la salle radio, tuant le mitrailleur supérieur, le mitrailleur latéral  et l'opérateur radio.  Le  moteur n° 3  était en feu, les flammes entamèrent l'aile et embrasèrent le réservoir. Les câbles de commande de l'appareil et les fils de l'interphone furent sectionnés, l'appareil était devenu incontrôlable et la radio interne ne fonctionnait plus.  "Vic" dû traverser l'appareil pour donner l'ordre de sauter aux membres d'équipage survivants. Il a ouvert la trappe de sauvetage qui se trouvait au niveau du nez, et s'est évanoui par manque d'oxygène. Il est heureusement tombé contre la trappe et a été projeté à l'extérieur. Il a pu par la suite ouvrir son parachute et est arriver à terre sain et sauf. Le B-17 s'est enflammé et a entamé une vrille. Peu de temps après il a touché le sol et à explosé.
Sur les neuf hommes d'équipage, seuls cinq, dont Vic Romasco  et "Hap" Chandler, ont survécu. "Hap" a noté ceci dans son journal :
J'ai eu quelques difficultés à ouvrir mon parachute et j'ai entamé une chute de 22 000 pieds. En arrivant au  sol, j'étais assez choqué et je me suis tordu une cheville. Mon plan était de m'échapper en me frayant un chemin à travers les lignes ennemies pour rejoindre les troupes américaines, malheureusement, deux soldats de l'escadron des Hitlerjugend m'attendaient en arrivant au sol.
Vic Romasco, "Hap" Chandler et les survivants du "Betty L" furent internés au Stalag Luft III près de la ville de Sagan aujourd'hui située en Pologne.Ils furent libérés par l'armée américaine le 29 avril 1945.
En juillet 1945 Vic se maria avec sa fiancée Muriel à Uxbridge dans le Massachusetts. Après un rendez vous surprise (Blind date), Hap se maria avec Alice Barham. Les deux amis eurent des enfants qu'ils élevèrent en famille. Ils restèrent amis tout le reste de leur existence et Hap avait l'habitude d'appeler Vic chaque 29 avril, date de libération du camp dans lequel ils avaient été internés.
Vic Romasco est mort d'une crise cardiaque le 23/09/1969 à Whitinsville dans le Massachusetts. Hap Chandler est décédé le 26 juin 2002 à Memphis Tennessee.


Le B17 "BETTY-L"

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La queue du BETTY-L abattu le 24 juin 1944

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Une partie du fuselage après la chute

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Le "BETTY-L" était un avion très apprécié des membres de l'équipage de Sam Peak, à bord duquel ils effectuèrent plusieurs missions. C'est Sam Peak  lui même qui baptisa ce B17 en lui donnant  le prénom de sa mère. Le L correspondait probablement à l'initiale de la ville de Leesville en Louisiane d'où sa femme était originaire. C'est à bord de cet appareil que l'équipage  effectua sa mission  du D Day à Ver sur Mer.

La carte d'identification du Stalag III de Vic Romasco

Victor Romasco Stalag Luft Card.JPG

La carte d'identification du Stalag III de Hap Chandler

Hap Chandler Stalag Luft Card.JPG
Nous n'oublierons pas de mentionner le sort des deux hommes d'équipage qui firent partie de la formation sur B17 à Alexandria en Louisiane et qui ne furent pas retenus par Sam Peak pour les missions opérationnelles.

Le Staff Sergent Reding R Kirpatrick était membre d'équipage d'un B17 qui manqua son atterrissage le 21 Juin 1944 sur la piste de Bulltofta Airfield à  Malmö, en Suède. Il  survécut au crash et fut fait prisonnier à Malmö ou il resta jusqu'à  la fin de la guerre, on perd sa trace par la suite.

Le 24 mai 1944, le lieutenant Tracy a été tué au combat au-dessus de Fahrenkrug, en Allemagne. Il est enterré dans le cimetière américain des Ardennes en Belgique.


1st Lieutenant Samuel L Peak Commandant d'équipage de B 17 (1917/1944)


Sam Peak pilote.jpg

Allen Osterberg (à gauche) avec 2 cadets
à l'entrainement à Victorville

Bombardier 2nd Lieutenant Allen Hilding Osterberg et cadets non id a Victorville.jpg

Jack et Mary Lundberg son épouse, Hiver 43/44 à Alamo Grounds (Texas)

Jack Lundberg et Maie Catherine 1943 1944.JPG

Bob Petroski et Marie Lou son épouse, Avril 1943, Turner Field/Albany (Georgie)

Mary lou et Bob Petroski en 1943.JPG

Robby Scharff (à gauche) avec des amis
à San Antonio en 1942

Robby a gauche et quelques amis a San Antonio.JPG

Quelques documents et photos concernant l'équipage du "Spare Charlie"


Hanna Osterberg la mère d' Allen Osterberg
recevant l'Air Medal

Anna Osterberg MM de son fils.JPG

Mary Lou Petroski, l'épouse de Bob Petroski
recevant l' Air Medal

Mary lou Petroski.JPG

Grace Lundberg, la mère de Jack Lundberg au cimetière américain de Colleville en 1963

Grace Lundberg 1963 cimetiere americain Colleville.JPG

M Emmanuel BERLE

MANU.JPG

Miss Camille NOËL

Camille NOEL 2.jpg
Inhumation 301 - Inconnu.jpg
Inhumation 302 - PEAK.jpg
Inhumation 303 - OSTERBERG.jpg
Inhumation 304 - Inconnu avec montre Bulova.jpg
Inhumation 305 - Inconnu.jpg
Inhumation 306 - Inconnu avec veste N438.jpg
Les certificats d'inhumation des 6 membres d'équipages enterrés provisoirement au cimetière de Mareuil-Caubert le 25 juin 1944 (documents retrouvés par Emmanuel Berle).
JACOB Yves.jpg
GAILLARD Denise.jpg
M Yves JACOB âgé de 5 ans à l'époque des faits, témoin de la chute du Spare Charlie sur les lieux
du crash à l'arrivée des Allemands (photo 2019)
Me Denise GAILLARD âgée de 8 ans à l'époque des faits,
elle permit de localiser la chute d'un des moteurs
de l'appareil.(photo 2019)

Le sacrifice ultime de John Keith (Jack) Lundberg

Jack Lundberg était le navigateur remplaçant de la dernière mission du "Spare Charlie", il est l'incarnation du jeune américain qui a dédié sa vie pour son pays et pour sa famille.

John Keith (Jack) Lundberg était le neuvième enfant d'une famille  recomposée qui en  comprenait onze. Son grand père paternel était un émigrant Suédois, inventeur de son état,  venu s'installer aux US en 1862. Son grand père maternel était écrivain et poète ayant des origines irlandaises. Son père Fred Lundberg était lui même inventeur, et sa mère Grace Winfred O'Malley, femme au foyer, catholique était très pieuse, cultivée et excellente pianiste.  Jack était né à Val Verda dans l' Utha le 3 décembre 1918. Il  hérita de ses ancêtres l'ingéniosité, les qualités d'écriture et  l'éthique d'un travailleur acharné. Il vécut une enfance heureuse dans une petite maison dépourvue d'eau courante, au milieu de la nature et d'animaux que la famille élevait pour ses besoins personnels. Les enfants reçurent une  éducation stricte mais juste, dispensée par des parents aimants qui n'hésitaient pas à recourir à la fessée quand celà s'avérait nécessaire. La famille fut marquée par le deuil de Robert, le dernier des quatre enfants nés de l'union de Fred et de Grace, puis par la mort prématurée de Virginia, les deux drames ayant eu lieu en 1931. Le couple  ne parvint pas à se remettre de ces tragédies et divorça par la suite. Cependant, Fred et Grace restèrent en bons termes tout au long de leur existence. Jack allait  à l'école à Salt Lake City car sa mère tenait absolument à ce que ses enfants reçoivent une éducation catholique dispensée par les Mormons. Jack se montra intelligent, brillant et travailleur tout au long de ses études. Très jeune il devient "agent de police junior" pour aider les autres enfants à traverser la rue. Il montre de bonnes  capacités  dans la maîtrise de la langue française qu'il parle couramment. Il chante et joue des pièces de théâtre entièrement en français, et  fait partie du comité de gestion du journal de son lycée dans lequel il écrit lui même de courtes histoires. Parallèlement, en 1935,  il devient serveur dans une taverne( "Perry's Tavern"), un drive avant l'heure ou les clients se font servir les repas dans leurs voitures.

En 1936 il poursuit ses études supérieures et rentre à l'université de l' Utha. Il s'engage en même temps avec l'un de ses frères dans la "Reserve Officers Training Corpse", au camp d'entraînement des officiers de réserve. En 1938, une innovation à lieu à Salt Lake City, six avions amènent pour la première fois du courrier dans la ville par voie aérienne. Un concours est ouvert pour trouver le meilleur slogan pour illustrer cette nouveauté, Jack remporte le premier prix qui est un baptême de l'air. C'est son premier vol, en quelque sorte prémonitoire à sa future carrière  d'aviateur militaire. Il sort diplômé de son université, mais en plus de ses études, il occupe un poste de concierge afin de réunir assez d'argent pour aider sa mère en difficulté financière.  Il devient ensuite agent d'assurances. Le 10 septembre 1941, c'est le tournant de sa vie, il s'engage dans l'armée avec ses frères "Chick" "Rich" et "Fred" qui feront tous les trois carrière. Fred fit partie du staff du Général Mac Arthur et faillit devenir général, hélas pour lui il fut réformé des suites d'un problème médical.

En Août 1941, Jack s'engage avec deux de ses amis originaires du même village à Camp Roberts en Californie. Cette base est la plus importante base américaine de la seconde guerre mondiale, elle forma à elle seule 436 000 soldats. Pendant dix sept semaines, Jack reçoit là l'essentiel de son instruction militaire. Il est en permission au cours de l'hiver 41-42. Au printemps 42, l'entraînement reprend et Jack choisit l'aviation comme arme, il devient Cadet  à la "Santa Ana Army Air Base" ou sa formation dure neuf semaines. Au cours des trois premières semaines, la sélection se fait parmi les cadets pour déterminer les postes qui seront attribués à chacun. Jack est d'abord pressenti pour être pilote, mais le port de lunettes mettra fin à ses ambitions. A défaut, il sera donc navigateur. En Novembre 1942 il rentre à Hondo Army Airfield  ou il séjourne en école de navigation pendant dix-huit semaines. Il parcourt 15 000 miles nautiques dans des AT-7 Navigator et des A34 Ventura. Il apprend ainsi les différentes formes de navigation : à l'estime, aux étoiles, au compas et à la radio. Il est diplômé navigateur et reçoit ses ailes d'argent le 1er Avril 1943. Il entre en service actif en tant que 2nd Lieutenant. Un cadet pouvait demander à devenir instructeur, c'est ce que fit Jack qui fut nommé au 87th Navigation Training Group. Malgré l'éloignement de ses parents, il se préoccupe d'eux en donnant des conseils à son père pour ses inventions et à sa mère en continuant de lui envoyer de l'argent.
Le 15 Novembre 1943, il se marie avec  Mary Catherine Maher qui est une amie de sa soeur Grace Ellen. Entre Novembre 43 et Février 44 Jack est transféré à Rapid City Air Base dans le Dakota pour entraînement sur B17. Il quitte les États-Unis pour l'Europe le 26 Avril 1944.
Mary s'engagea dans les femmes volontaires du service d'urgence (WAVES), une unité de la réserve navale. Elle demanda à quitter le service à l'annonce de la mort de Jack.
Jack arrive à la Base de Ridgewell en Mai 1944 et devient navigateur dans l'équipage de John Houston le 13 Mai 1944. Il effectue douze missions  avant de trouver la mort le 22 Juin 1944 dans le Spare Charlie avec l'équipage de Sam Peak.

La famille de Jack n'est informée qu'en Juillet 44 de sa disparition, ce qui laisse planer un doute sur le fait qu'il soit peut être encore en vie.L'épouse de Sam Peak envoya un courrier à Mary dans lequel elle indique qu'elle  espère que son mari et Jack ont pu sauter de l'appareil en flammes. 

Le 9 Février  1945 les habitants des environs retrouvent le corps de Jack Lundberg, mais ce n'est qu'en Juin 1945 que sa famille est informée de sa mort officielle. Un service religieux a  lieu le 12 Juillet à la Cathédrale Madeline ou Jack et Mary s'étaient unis deux ans auparavant.

Mary épousa un autre homme après la guerre et fonda une famille, elle perdit le contact avec la famille de Jack. Elle mourut en 1998, et ses enfants retrouvèrent chez elle beaucoup de souvenirs en rapport avec Jack dont des lettres, des documents et des emblèmes. Le drapeau qui recouvrait son cercueil avait été acheté par un historien qui l'avait ensuite mis en vente sur Ebay. Un neveu de Jack retrouva l'acheteur qui restitua le drapeau à la famille.


Les lettres d'adieux à sa famille et à sa femme.

Jack écrivit une lettre à sa famille et une à son épouse, en prévision d'une issue fatale. La lettre à sa famille fut publiée par l'historien Andrew Caroll dans un livre intitulé "Wars letters : Extraordinary Correspondance from America War". Cette lettre fut exposée en 2004 au mémorial de Caen, elle a fait l'objet d'une vidéo "You tube"que vous pouvez consulter ici.

La lettre de Jack à Mary a été publiée dans un livre écrit par l'aumonier du 381st Bomb Group, George Brown. Pour préserver l'identité de Jack, il change leprénom de Mary et indique celui de Marguerite.

Le 43ème président des États-Unis, George W Bush cita Jack Lundgerg le 29 mai 2006 au cimetière d'Arlington en évoquant les soldats morts pour l'Amérique au cours des guerres actuelles et passées.

A titre posthume, Jack Lundberg reçut  l' "Air Medal with an Oak Leaf Cluster and a Purple Heart".

Son frère Rich donne le dernier mot de cette histoire en indiquant simplement  que Jack était un homme honorable qui pensait plutôt aux autres qu'à lui même.
lettre originale Jack parents1.JPG
Lettre Jack a ses parents2.JPG

Traduction de la lettre de Jack à ses parents

Le 19 mai 1944

Chers mère, père et toute la famille,

Maintenant que je suis ici, je réalise que mes chances de revenir sont plutôt minces, c’est pourquoi j’ai souhaité vous écrire  pendant que j’en suis encore capable.

Je voulais que vous sachiez combien je vous aime. Vous êtes tout pour moi et c’est la réalité de votre amour qui me donne le courage de continuer. Maman, papa, nous vous avons causé.. beaucoup de difficultés et demandé beaucoup de sacrifices que vous avez fait volontiers, et avec plaisir pour que nous puissions obtenir davantage de la vie. J’ai toujours été déterminé à vous montrer ma gratitude et à vous donner le plus de plaisir dans la vie… mais cette guerre m’a empêchée de le faire depuis 3 ans.

Si vous recevez cette lettre, je ne serais plus capable de réaliser mes souhaits, car j’ai demandé que ce courrier vous soit envoyé au cas où je ne reviendrais pas. Vous avez partagé plus que votre part de maladies et de décès dans la famille. Pourtant vous avez continué à montrer l’exemple de ce que les parents doivent être. Je suis désolé d’ajouter ma mort à votre deuil… mais je réalise que mes pensées vont constamment vers vous et il me semble que de façon modeste j’aurais aidé à mettre fin à cette guerre inutile.

Nous, les Etats-Unis avons une raison de nous battre. Je n’ai jamais autant réalisé cela que maintenant. Il n’y a aucun autre pays avec une telle richesse, une telle avancée et un tel standard de vie. Les USA valent un sacrifice.

Souvenez-vous toujours que je vous aime avec ferveur et que je suis fier de vous. Considérez ma femme Mary comme ayant pris ma place dans le cercle familial et veillez bien les uns sur les autres.

Avec tout l’amour que j’ai pour la famille

                                  Jack

Traduction de la lettre de Jack à son épouse


Le 19 mai 1944

Ma chère épouse.

J'ai demandé que cette lettre te soit remise au cas où je ne pourrais pas revenir. Un seul événement peut empêcher nos retrouvailles : si un accident m'arrive, je veux que tu saches que je t'aime dans les limites de l'amour qu'un être humain puisse donner.

Depuis que tu es entrée dans ma vie, celle ci a pris plus de valeur et un sens nouveau. L'activité la plus courante, si elle a été partagée avec toi, a été une joyeuse aventure. Je ne suis plus que la moitié de moi-même depuis que nous sommes séparés. J'ai remercié Dieu à de nombreuses reprises de m'avoir accordé le privilège d'être ton mari. À cause de la guerre, nous n'avons jamais pu mener la vie normale, heureuse et mouvementée que promettait notre mariage. Les quelques courts mois que nous avons passés ensemble laissaient présager une union totalement réussie et m'ont pleinement fait prendre conscience à quel point tu étais une  merveilleuse et magnifique épouse.

Ensemble, dans les jours de paix, nous aurions sans aucun doute mené une vie conjugale exemplaire et je suis certain qu'avec ton inspiration, j'aurais pu réaliser mes souhaits les plus chers.

Il est difficile d'écrire une telle lettre, car je suis maintenant bien vivant et très amoureux de toi... mais il faut néanmoins faire face à l'éventualité de la mort dans ces circonstances et je veux que tu saches que je t'aime avec dévouement et pour toujours.

Marguerite*, si je ne reviens pas, ne me pleure pas. Tu es encore jeune, encore belle, encore désirable, encore merveilleuse et bien trop forte pour laisser un tel événement affecter toute ta vie. Souviens-toi toujours de moi - oui : mais ne perds pas de vue ce que la vie a à t'offrir. Tu es l'une des plus belles et des plus respectables filles sur cette terre , et tu mérites de recevoir sans aucun doute le meilleur de tout ce que la vie peut offrir. Mon souhait le plus ardent est que cette lettre ne soit jamais délivrée !

Je t'aime

* L'aumonier du 381st Bomb Group changea le prénom de Mary en Marguerite pour préserver l'identité de Jack.

Jack, et deux de ses frères Rick et Chick en 1923 ou 1925

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Jack enfant (année inconnue)

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Jack à l'université

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Jack "Air Cadet" 1943

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Jack à Camp Roberts 1941

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Jack pensif en 1942

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Jack et Mary à leur repas de noce 15 Novembre 1943

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La mère de Mary, Jack, Mary, Grace et Fred les parents de Jack le jour du mariage

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Une partie de l'équipage de "John Houston", Jack au premier rang,
4ème à partir de la gauche

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LES MISSIONS DE JACK LUNDBERG


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