Le terrain d' Estrées-Mons le 17 Mai 1943

Terrain d' Estrees Mons.jpg
Document trouvé aux Archives militaires de Vincennes par Alexandre Pierrard

La fiche de cette photo a été établie en janvier 1944
par les services français.

I) Nature et importance: Terrain d’opération du Nord de la France

II) Situation: Voir la carte.
Coordonnée Latitude : 49° 52 ‘ 50 ‘’ N
Mer. Greenwich Longitude 3° 01’ 30’’ E

III) Caractéristiques: Altitude : 90 m
Dimensions: E.W: 1.540 mètres
N.S: 1.035 mètres
Etat du sol: Terrain lourd par temps de pluie
Pistes d’envol: 3 pistes cimentées
-E/W : 1620 mètres
-NE/SW: 1575 mètres
NW/SE: 1575 mètres (en construction)

IV) Installations: Voir la photographie
Atterrissage de nuit :
Les trois pistes sont équipées avec un système visuel « Lorenz ». Système de rayons d’approche. Balisage péri métrique lumineux.

V) Dispersions et abris: 3 zones de dispersion avec abris de nuit;
Zone Nord : 12 abris couverts Zone Nord Est : 5 abris couverts
Zone Sud; 21 abris couverts

VI) D.C.A. Les positions suivantes sont identifiées.
7 positions de D.C.A. de 2 à 4 canons légers.

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Pour ne pas oublier

Mme Lorenza VANHOEGARDEN-JULIEN, est heureuse de partager avec nous ses souvenirs, extraits de son livre (Mémoires et récits Mons en Chaussée, Estrées-Mons et villages voisins) et de ses dernières notes.

Son mari (dit Zeph) a travaillé sur ce terrain du début à la fin de celui-ci puis avec les américains sur la base de Laon pour terminer sur ce terrain sa carrière d’électricien toujours sur ce terrain chez Bonduelle.
En avril 1917, les britanniques délimitèrent.et occupèrent un terrain en partie sur Mons et sur Estrées après la retraite des allemands, derrière la ligne Hindenburg,
A partir du 21 mars 1918 contre-offensive allemande en Picardie, ils prennent le terrain d’aviation d’avril 1918 au 19 aout 1918.
Les alliés contre-attaquent (Aout-septembre-octobre); Bientôt la déroute allemande sera complète. Les britanniques .reprennent le terrain le 22 septembre au 19 décembre1918.
Dans les années 30, Une famille d’ASSEVILLERS venait à bord de leur Mathis faire voler leur avion sur ce terrain.
C’est en 1936 que commencèrent avec l'Etat les premières négociations pour annexer les terres qui deviendront le champ d'aviation.

Vue aérienne d' Estrées en 1939 (IGN)

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Le 1er et le 2 septembre 1939, des avions français arrivés sur le terrain d'Estrées manifestent une certaine activité. Les pilotes français logent chez l'habitant à Mons. L'escadrille porte le nom de Compagnie de l'air 83/107.
Les 23 et 24 septembres 1939, à Mons, les aviateurs français ont quitté le village pour s'établir à Estrées-en-Chaussée et laisser la place à leurs camarades britanniques de la R.A.F, qui arrivent assez nombreux.

Le lundi 2 octobre 1939, 24 avions de la R.A.F - soit 2 escadrilles - arrivent à l’aérodrome d'Estrées-en-Chaussée. Parmi eux il y avait des « Lysander » qui étaient enchaînés à un piquet. Les curieux pouvaient les toucher. D'autres avions étaient stationnés sur le terrain de Flamicourt.

Le 16 novembre1939, arrive à Mons un petit détachement de 29 hommes (gradés compris) du 28ème régiment de garde sous le commandement d'un lieutenant. Ce détachement est chargé de la garde de nuit de l'aérodrome.


Le 6 décembre 1939, à 11 h 05 un avion britannique le « Lysander » L 4763-00, manque son atterrissage en accrochant des arbres à un mile (1,6 km) au sud-ouest de Mons et prend feu. Les deux aviateurs anglais meurent des suites de cet accident. Le pilote, L. Malcolm Phillips Sknner, gravement brûlé, meurt la nuit même à l’hôpital. Il est enterré à Péronne dans l’extension du cimetière britannique, rang G, plot 5, tombe 23. L’observateur et mitrailleur « BAC», Edward Whitehead est tué sur le coup, il est enterré à côté de son pilote, rang G, plot 5, tombe 21.

Les 13 et 14 févriers 1940, la compagnie de l'air 83/107 quitte Estrées où elle était stationnée depuis le début de la guerre. L'hiver a été très rigoureux. Le détachement du 28ème régiment régional cantonné à Mons quitte le village début mars. Son service est désormais assuré par des soldats anglais du Yorkshire, régiment cantonné à Estrées.

Le 5 mars1940, les formations de la R.A.F. qui, depuis plus ou moins longtemps étaient stationnés à Mons, s'en vont dans l'après midi et la soirée.

Le 6 mars 1940 le pilote Lenton se tue près de Mons en Chaussée à bord d’un « Hawker-Hurricane » L 1978. Il participait avec des Lysander à des exercices d’entraînement, il s’écrase suite à des ennuis de moteur. Il est lui aussi enterré à Péronne, rang 5, plot 5, tombe 25.

Le 18 avril 1940, de nouvelles formations de la R.A.F. ont remplacé celles qui sont parties, (bombardiers « Lysander ») paraît-il à Flamicourt. Ce sont maintenant des escadrilles de chasse « Hurricane ». Sur une maison de la rue du cimetière (à coté de la poste) qui servait de bureau, on pouvait lire sur un écriteau "Squadron IV.O.".

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Le 10 mai 1940, devant l'avance rapide des troupes allemandes qui avaient envahi la Hollande, la Belgique et le Grand Duché du Luxembourg, et qui marchaient sur la Somme, le village de Mons-en -Chaussée fut évacué par ordre supérieur.

Un avion anglais Hurricane MK1 du 85 squadron qui avait décollé de Seclin s’écrase touché par le retour de feu du Ju 88 de la 8/LG1, le pilote Mawood est gravement blessé (perte d’un œil). France-crashes N° 6245. Michel Coste


Le 13 mai 1940, Comme chaque jour les avions du 4 Squadron décollent pour des missions de reconnaissance sur la Belgique et la Hollande. Le Lysander P 9063 décolle à 7 h 30, il est abattu en Belgique lors de son survol des rives du fleuve Gete par un avion allemand que pilotait le lieutenant Horst Baxator de la 2./JG1 Le pilote le lieutenant Peter, W. Vaughan RAF 33 493; et l’observateur Edin Mold RAF 626 134, sont enterrés à Outgaarden, en Belgique.


Le 17 mai 1940. Quelques habitants n’évacuèrent pas et restèrent à Mons et à Estrées. Bien entendu, ceux qui avaient choisi de partir prirent des directions différentes et, après bien des pérégrinations, tous regagnèrent leur village à partir du 15 juillet. Il y eut des retours jusque septembre, malgré la « zone interdite ». Mais les convois d'évacués ont eu à regretter le décès de trois personnes. La progression se faisait donc de nuit, à l'aide de calendriers des postes, (faute de cartes routières) récupérés dans les maisons abandonnées afin de pouvoir emprunter les petits chemins et essayer ainsi d’échapper aux bombardements ennemis.


Le 21 juillet 1940, les Allemands travaillent à mettre en état et à aménager à leur usage le terrain d'aviation d'Estrées et il y a à Mons de nombreux soldats de la «Luftwaffe»


Depuis le 11 juillet 1940, une formation de pionniers allemands «BB 218» venus pour les travaux du terrain d'Estrées était cantonnée à Bouvincourt. Elle a même empiété sur Beaumetz, quelques jours après son arrivée, quand est venue à la ferme de Santin une batterie de D.C.A qui installa ses pièces sur la hauteur derrière le «bois du Roi».

BOUVINCOURT, bosquet pour DCA et réserve d'eau

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Le 8 août 1940, la batterie allemande de D.C.A cantonnée à la ferme de Santin part, abandonnant ses installations. A Mons, des soldats de l'aviation quittent aussi le village.

Le 27 octobre 1940, vers 5 heures du matin une bombe éclairante tombe sur l'aérodrome. On pense que c'est un avion de la R.A.F. qui est venu photographier le terrain; en tout cas, la fusée de la bombe est britannique.

Le 12 novembre 1940, arrivée à Beaumetz d'un détachement de travailleurs de l'aviation allemande Luftschuzraum L 33 905 avec un important matériel: wagonnets et rails.

Le 19 décembre 1940, les journaux locaux annoncent que la circulation est interdite aux civils entre Mons et Estrées, la route traversant l'aérodrome où des travaux sont en cours d'exécution. A Mons on ne connaît pas cette interdiction et on passe sans difficultés.
Estrées est au centre de l'activité, mais le peu d'importance du village (77 habitants) a fait que les services allemands et les firmes venues pour l'aménagement du terrain se sont installés à Mons, village beaucoup plus grand et où les commodités de la vie, surtout d'une vie de groupe, sont plus faciles. Aussi, les maisons sont plus belles et plus confortables, et ont été jugées par les occupants plus convenables à l'installation des bureaux et des logements. Même à Estrées certaines maisons furent réquisitionnées et des bâtiments servirent au dépôt des matériaux qui attendaient leur utilisation.

Le 11 mai 1941, à Mons, importants mouvements dans la population militaire. Beaucoup de soldats quittent le village. Pendant tout l'hiver des travaux importants ont été exécutés à l'aérodrome et sont encore en cours; de nombreuses baraques y sont construites et de solides pistes de départ ont été faites.

Le 13 mai 1941, le groupe peu important de soldats de l'aviation allemande qui était stationné à Beaumetz depuis novembre 1940 quitte le hameau.

Les 4 et 5 octobre 1941, les travaux importants à Estrées et à Mons, ainsi que ceux effectués à Bouvincourt, où un groupe de baraquements pouvait abriter au moins un millier d'hommes, amènent dans la région un grand nombre d'ouvriers venant d'ailleurs.

Le 1er février 1942, départ des firmes étrangères qui travaillaient au terrain d'aviation d'Estrées. L'aérodrome est maintenant opérationnel. Des travaux considérables y ont été exécutés: pistes solides, hangars, citernes à essence énormes, abris bétonnés. A Estrées, de nombreuses baraques ont été construites un peu partout. A droite, à l'entrée du village, de la route venant de Mons, la tour de contrôle s’élève au milieu d'une plantation de jeunes arbres, ainsi qu’un atelier de réparation d'avions. Une importante baraque protégée avec soin par d'avant-murs en maçonnerie, qui semble être le siège des services aériens du terrain, a aussi été édifiée. A Mons, au milieu du village, deux énormes baraques sont encore construites; l'une en face de l'église, « le Gauleitung » pour les services administratifs, l'autre sur le chemin de Mons à St Chren pour servir de cuisine et de réfectoire. Un dépôt de matériel établi entre le village et le cimetière est maintenu. A cet endroit également une piscine fut créée. Dans l'école et la mairie se trouve l'infirmerie. Il y a aussi vers Devise, des casernes en briques. Entre Mons, Estrées et Bouvincourt, une importante construction en briques, en forme de fer à cheval, comprenant trois bâtiments, a été édifiée, destinée sans doute au commandement de l'aérodrome car avec une belle et importante entrée sous voûte, elle possède une magnifique salle qui pourrait servir de salle d'honneur pour réceptions. De ce groupe à la route de Mons à Estrées, un bois a été planté qui contient des baraques dont l'une plus importante et plus belle que les autres, avec des parties en briques. Tout cela forme un ensemble; partout l'eau, l'électricité et, dans les constructions importantes, le chauffage central.

A Bouvincourt, le camp de baraques est à son tour équipé d’eau, d’électricité et de chauffage. Un poste de TSF a été établi dés le début de l'occupation de l'aérodrome par les Allemands à coté d'un petit bois près de Bouvincourt et un peu plus tard un autre à St Chren qui a été abandonné par la suite. Naturellement, les emplacements de batteries de DCA ont été prévus et préparés. Il y en a vers Monchy; un autre près du chemin de Santin à Mons et un autre en maçonnerie sur le chemin de Santin à Estrées. Le terrain militaire s'étend de l'entrée de Mons vers Pont-les-Brie jusqu’à quelques centaines de mètres de la sortie d'Estrées vers Poeuilly englobant ainsi les deux villages. Il est délimité sur la route par des bornes en ciment formant des chicanes près desquelles se tiennent des sentinelles.

Le 17 mars 1943, des avions arrivent à l'aérodrome, le terrain est rapidement mis en service. Les jours qui suivent, trois batteries de DCA s'installent pour sa défense. L'essence nécessaire aux appareils arrive à la gare de Cartigny par wagons-citernes que «Nanie» la petite locomotive de la "Société Vermandoise des sucreries" mène par la voie de raccordement jusque dans la cour de la râperie. Là, déposés sur des plates-formes spéciales, ils sont transportés par la route jusque l'aérodrome.

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"Nanie" Locotracteur avec tender, chaudière verticale, surnommée "la bouteille à encre" pour sa forme
Constructeur: Fives-Lille Cail; type 020T.Date de construction: 1907. Masse 18 t
Longueur 4.46m, vitesse: 20km/h
(Elle tirait deux wagons à la fois.)

Le 10 avril 1943, avions et aviateurs quittent l'aérodrome. Les avions étaient de gros appareils de transport.

Le 15 avril 1943, départ de la DCA, une des trois batteries revient au bout de quelques jours.

Le 23 mai 1943, les faisceaux forts nombreux, construits avec de gros poteaux sont placés sur le terrain pour y rendre impossible ou tout au moins fort dangereux toute tentative d’atterrissage.

Le 12 juin 1943, débarquement à Cartigny de quelques centaines de soldats allemands d'aviation qui gagnent l'aérodrome. Le lendemain en arrive encore à Cartigny une centaine. Ils rejoignent leurs camarades

Le 30 juin 1943 un millier de soldats de la «Luftwaffe» venant d'Estrées traversent Cartigny, musique en tête, pour embarquer en gare.

Le 19 septembre 1943, on enlève les faisceaux de gros poteaux du terrain pour que les avions puissent atterrir sans difficultés.

Janvier 1944, arrive en gare de Cartigny du charbon pour les troupes en service de Mons et Estrées et des munitions qui sont d'abord transportées dans les baraques de Bouvincourt. Quelques jours après, elles sont enlevés et emmenées, comme celles qui arrivent encore, au «Bois de Bias» où un dépôt important de munitions est établi. L'accès au bois est interdit aux civils qui ne sont pas employés au dépôt.

Le 2 mars 1944, dans l'après midi, la ville de St Quentin est violemment bombardée par l'aviation alliée. Ce sont vingt-trois «B 26 Marauder» des cinquante et un avions du 322 Bomber Group ayant participé au survol de la région, qui ont largué chacun leurs 8 bombes de 500 livres G.P formant un total de 184 bombes de 500 livres sur le centre ferroviaire de Saint Quentin au lieu de celui de Tergnier, se trompant ainsi d’objectif. Les escadrilles passent au sud de l'aérodrome en suivant la vallée de l'Omignon et reviennent par le même chemin environ une demi-heure après leur premier passage Tous les avions seront de retour à leur base pour 18 h 25. L'escorte de chasse a perdu deux «Typhoon Ib» Squadron I au cours de cette opération. Aucun bombardier n'a été endommagé au cours du raid. L'attaque a eu lieu à 16 h 59 d'une altitude de 3 450 mètres.
Malheureusement, de nombreux civils ont été victimes de ce bombardement. Dans le Progrès de la Somme des 5 et 6 mars 1944, paraît un article intitulé :
La France sous les bombes anglo-américaines. Saint Quentin a subi une violente attaque. Des bombardiers anglo-américains accompagnés de chasseurs ont jeté leurs bombes sur différents quartiers de Saint Quentin. Aux dernières nouvelles, 65 cadavres ont été retirés des décombres. Au total prés de 300 maisons sont détruites et de nombreuses autres endommagées et inhabitables Les obsèques des victimes auront lieu lundi à 10 heures, en présence des autorités régionales, départementales et locales et l'absoute sera donnée par S.E. Monseigneur Mennechet, Évêque de Soissons, Laon et Saint Quentin.

Extraits des 19 livres du Dr J.P. DUCELLIER sur
LA GUERRE AERIENNE DANS LE NORD DE LA FRANCE
Edition PAILLART Abbeville

Le 6 avril 1944, arrivent à Cartigny des unités de DCA légères qui, le lendemain, gagnent Estrées pour la défense de l'aérodrome.

Le 14 avril 1944, la DCA, fixée sur le train arrivant de Péronne passe à Cartigny vers 10 h 00 et ouvre, dès la sortie de Doingt, un feu violent. Elle tire encore en gare de Cartigny et jusqu'après Marquaix. Elle en veut par erreur à deux petits avions d'Estrées qui, depuis plusieurs jours, volent ensemble autour du terrain. Ce sont des petits appareils qui semblent voler lourdement comme des bourdons (?).

Le 2 mai 1944, à 7 h du soir, des avions britanniques attaquent de nouveau, mitraillant le terrain et lançant des bombes pendant que la DCA fait rage sur les assaillants. Cette attaque décide les habitants du village jusque là hésitants, à le quitter, car l'une des bombes a atteint une maison. Tous partent, dans les quelques jours qui suivent, dans les villages voisins.

Le 24 mai 1944, vers 7 h 15 du soir, il passe dans le ciel de Cartigny un groupe de 70 à 80 bombardiers alliés. Soit par les chasseurs d'escorte, soit par une formation indépendante, l'aérodrome est attaqué. Un avion y est brûlé au sol. La DCA réagit avec violence comme elle le fait toujours en pareil cas et abat un des chasseurs qui tombe prés de Vraignes, le pilote est tué. Il est enterré par les Allemands au cimetière de Mons. C'était un Américain Joseph JENKINS, les restes exhumés en octobre 1945 sont transportés dans un des cimetières militaires américains à Colville sur mer. .rang 17, plot 13, tombe 33.
6 juin 1944, un «Messerschmitt» Bf 109 Wnr 163 831 du 1/JG5 10 blanc, piloté par Uffz.J.Gelbert est abattu à Manancourt 10 km Nord de Péronne le pilote est blessé.

Mi-juin 1944, construction de 2 pistes de 1500m et des voies de circulations et de dispersions sur l’aérodrome, ceci à fin de fortifier la région en cas d’une éventuelle invasion alliée par le Pas de Calais. La Jagdgeschwader 5 (JG5) ou escadrille de chasse 5 est sur l’aérodrome avec des bombardiers Messerschmitt BF 109G. Leurs missions: attaquer les formations de bombardiers de l’USAAF 8 Air Force avec avions B 26 et P 47 qui bombardent l’Allemagne et l’Autriche, mais ces intercepteurs BF 109 étaient coincés au sol par les bombardements et attaques des P 47.

Le 21 juin 1944, le terrain est bombardé dans la soirée. Il y tombe de nombreuses bombes et la grande baraque soigneusement protégée qui semble le siège de commandement est atteinte et en partie brûlée.

Le 22 juin 1944, vers 15 h, lors d'un bombardement du quartier de la Chapelette à Péronne par des avions qui opèrent en piqué, la DCA atteint un des assaillants qui, dans ses évolutions a pénétré dans son champ de tir. Il n'est cependant pas abattu et réussit à s'éloigner avec un seul moteur.

Le 25 juin 1944, à 12 h 31(Rapport SAV 492), Estrées et Mons devaient être pris comme objectifs en dernier recours, ils seront copieusement bombardés par des escadrilles alliées qui passent à très grande hauteur (7 620m). Les bombes tombent nombreuses dans les deux villages. Il n’y a pas de victimes civiles. Les bombes sont tombées prés de l'église dans le quartier tenu par les services allemands. A la suite de ce bombardement les occupants, bien qu'ils n'aient pas eu de victimes à déplorer, s'installent dans des endroits moins dangereux .A signaler, un rapport des R.G selon lequel une dizaine de bombes explosives de moyen calibre, sont tombées aux abords de la commune de Vraignes-en-Vermandois (N-E de l'aérodrome). Plusieurs maisons sont endommagées. Pas de victimes. Cette mission de douze «B24 Libérator» du 492 groupe de la 8ème Air.Force des U.S.A, devait bombarder la centrale électrique de Roye mais ils ne parviendront pas à identifier leur cible; donc à 12 h 31, altitude 7 620 m, largage visuel de 517 bombes de 100 livres GP et 20 bombes de 240 livres GP vers l'aérodrome d'Estrées-Mons. Rapport I.R SA 2179. Résultat estimé "good".
Une concentration d'environ cent-vingt impacts est observée, blanchissant la zone N-E des hangars, la région du dispersal, la zone d'atterrissage et l'extrémité Nord de la piste N6 E / S-O
La seconde concentration d'environ cinquante-cinq impacts est observée sur le centre de la zone d'atterrissage S-O de la région du dispersal N-E. Il est à noter qu'aucun avion n'était visible au moment de l'attaque. Des impacts sont visibles sur l'aérodrome et ses dépendances, notamment des hangars et abris sont touchés. Environs cent impacts sont visibles sur la zone d'atterrissage avec deux impacts sur l'extrémité Nord de la piste NE/SO. Le bombardement précédent avait eu lieu le 14 juin 1944. Apres chaque bombardement les hommes, chevaux et tombereaux des villages voisins étaient réquisitionnés pour reboucher les trous de craies et cailloux, beaucoup de pelles et brouettes disparaissaient au fond de ses trous.

Le 14 juillet 1944, dans la soirée, vers 19 h, bombardement à haute altitude de l'aérodrome; des bombes tombent sur le hameau de Flez, l’une d'entre elles tue dans leur maison l'épouse et les deux fillettes de M. Honoré LEFEVRE et un garçon de 7 ans André RIGAUX qui avait cru trouver à cet endroit loin de la base la sécurité.
L’objectif était l’aérodrome Mons prés de Péronne. Au total 64 B 24 formant 5 Squadron de 12 appareils suivant un B 24 FFF bombardaient en aveugle la région de 20 h 06 à 20 h 10  d’une altitude de bombardement de 6 600m à 6 900m, ciel couvert de 7 à 10/10, largage par 39 B 24 vers l’aérodrome de Mons
18 bombes de 500 livres GP par 3 B 24 du 486e BG
720 bombes de 250 livres G.P. par 12 B 24 du 486e BG + 24 B24 du 487e BG,
La gendarmerie signale: «Le 14 juillet 1944 vers 20 h 30, 225 bombes explosives ont été lancées vers la commune de Monchy-Lagache par plusieurs vagues de forteresse. Des bombes sont tombées à 2 000 ou 3 000m du terrain d’aviation sur le hameau de Flez
4 personnes ont été tuées dont 3 enfants et une femme.
3 maisons ont été détruites.
Les obsèques des victimes auront lieu le 16 juillet au matin à 9 heures.
Madame Lefevre, 36 ans et ses 2 enfants
Rigaux André 6 ans.
Il n’y a pas d’objectif militaire à Flez, mais un terrain d’aviation utilisé par les autorités militaires allemandes à 2 km de là.»
A la suite des bombardements beaucoup d'hommes sont requis dans les villages voisins pour remettre en état le terrain. Il y a naturellement peu d'empressement pour ce travail dangereux.

Le 17 Juillet 1944,
Attaque d’un pont ferroviaire sur Péronne: 13 B24. Quartier de la Chapelette.
38 B 17 du 303e BG de la 8ème Air Force, vol en 3 Squadron de 13.12..13
Bombardement visuel. 10 h 29. Largage de 22 bombes de 2000 GP par 11 B 17 à 7 470 m
Largage vers un autre pont de 2 x 2000GP par 1 B 17
10 h 30. Largage de 23x 2000GP par 12 B17 à 7 260 m
10 h 31 Largage de 24x 2000GP par 12 B17 à 7 770 m
1 B 17 endommagé légèrement par la Flack.
Résultat: Good mais finalement aucun dégât au pont.
Le rapport de gendarmerie: «Apres ce bombardement on déplore 2 morts et 19 blessés, parmi ces 19 blessés, 6 le sont légèrement et 13 gravement, 4 blessés semblent dans état désespéré»
Attaqué d’un pont ferroviaire à Ham par 34 bombardiers «B 17», forteresses du 306 Bomber Group sur le pont ferroviaire de Ham (Pithon), entre 10 h 30 et 10 h 45.
A 10 h 34, le premier groupe de onze «B 17» volant à 7 500mètres a largué soixante-trois bombes de 1 000 livres GP.
A 10 h 35, altitude de 7 200 mètres les douze « B 17 » du Low Squadron larguent 70 bombes de 1 000 livres GP également.
A 10 h 36 les onze «B 17» du High Squadron, altitude de 8 200 mètres larguent aussi 70 bombes de 1 000 livres GP.
Cent quatre-vingt quinze bombes de 1 000 livres GP viennent donc d'être déversées sur le pont d’Ham. Les impacts sont nombreux sur la voie ferrée et le pont semble avoir été déplacé sur ses ancrages côté sud. La Flack, qui a ouvert le feu pendant le survol de notre région n'aura endommagé que légèrement un seul «B 17».
Le rapport de Gendarmerie précise que «tuant le jeune René Bordier, 17ans et blessant grièvement Roger Brunel 17ans et Lazare Viroux, 36 ans tous deux de Ham. Deux blessés légers sont également à déplorer: Léon Josse de Ham 22 ans et Lucien Lobjois 56 ans d’Estoully»

Le 27 juillet 1944, vers 16 h 30, la DCA, installée sur deux trains stationnés entre Buire et Brusle, prend part par intermittence à un combat contre des avions alliés, quand ces derniers pénètrent dans son champ de tir. Ce combat dure une vingtaine de minutes.

Le 13 aout 1944, à 8 h 30, 12 bombes ont été lancées sur la gare de Péronne-Flamicourt, un wagon de poudre a explosé, 6 wagons vides ont été incendiés. Avec l’explosion la plupart des habitations de Péronne et du hameau de Flamicourt ont subi des dégâts (toitures endommagées, portes et fenêtres arrachées, vitres brisées). Il n’y a pas eu de victime.

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Le 16 août 1944, un groupe de soldats de la Luftwaffe loge à Cartigny dans la ferme Saguier et dans la râperie et à l'école de filles où sont cantonnés les hommes. Ce détachement, dit-on, ne doit rester à Cartigny qu'une quinzaine de jours. Ils sont là pour travailler à l'usine d'Estrées pour réparer les avions. Les hommes partent par groupes dans la journée et reviennent le soir.

Le 17 aout 1944, Un FW 190 Wnr 680 157 du 5 de la JG 26 se crashe au décollage de Manancourt

Le 18 août 1944, nouvelle attaque par l'aviation alliée.


Dans la nuit du 26 au 27 août 1944 de nombreux convois, tanks, canons, camions passent sur la grande route et se dirigent vers l'Est (Allemagne). Ce mouvement s'interrompt à peine dans la journée du 27 août.

Le 28 août 1944, vers midi, l’aérodrome est fortement bombardé par l'aviation alliée qui attaque en piqué. Quelques bombes sont lancées aussi sur la ferme de Nobécourt où les avions allemands qui ont quitté depuis quelque temps l'aérodrome d'Estrées suite aux bombardements dont il est l'objet, ont établi un terrain auxiliaire d'atterrissage et de départ.
Toutes les nuits vers 2 heures du matin, les avions allemands passent à très faible altitude pour atterrir à Nobécourt ou près de St-Quentin. Un terrain de fortune est installé à Sailly à la ferme du Gouvernement le long de la forêt d’Arrouaise, les résistants de Moislains très actifs ont creusés des petites rigoles recouvertes de gazon sur le terrain, de nombreux avions ont étaient endommagés, les allemands menacent de représailles aux habitants de Sailly. Pour le bien être des soldats ils avaient construit deux piscines, une à Brie et l’autre à Bouvincourt en vermandois.

Bouchon de réservoir auxiliaire
d' avion allemand ref :33 55.4gj N. 11 et
R - 05613-38

Bouchon de reservoir.jpg

Entonnoir allemand

Entonnoir.jpg

Détail entonnoir

Detail entonnoir.jpg
Objets récupérés sur l' aérodrome

Empennage de bombe allemande: diamètre 465 mm, hauteur 750 mm, collection Raymond SOTIERE

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Fin de l'occupation allemande

Nuit du 29 et 30 août 1944. Dans la nuit, les Allemands détruisent l'aérodrome d'Estrées-en-Chaussée. L'opération, annoncée dans la journée du 29, commence vers 11 h 30 par la destruction du dépôt de munitions du «Bois de Bias», quatre ou cinq explosions d'une extrême violence. Les explosions se succèdent ensuite sans arrêt, moins fortes mais puissantes encore cependant. Les éléments de l'aérodrome sautent les uns après les autres.

Le 30 août 1944, le groupe de soldats allemands cantonné à Cartigny est parti dans la nuit. Les avions ont quitté les abords de Nobécourt avant le commencement des destructions. Celles-ci continuent sur l'aérodrome. Vers 13 h se produisent deux violentes explosions: Ce sont des munitions entreposées dans une sorte de ravin sur le chemin de terre qui va de Mons en Chaussée vers Santin, au lieu-dit: «El'su Jamart» (le saule de Jamart), cavée encore existante et plus usitée que jamais.
Le soir, l'aérodrome est en feu, hangars et constructions diverses brûlent sur toute son étendue.

Abri toujours visible à Bouvincourt

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L' ARRIVÉE DES AMÉRICAINS

Le 5 septembre 1944 dans la soirée, des soldats américains du 862eme bataillon du génie de l’aviation occupent l'aérodrome pour le remettre en état d'utilisation. Les hangars ont été brûlés, les citernes à essence détruites, l'usine et l'atelier de réparations ont sauté ainsi que le transformateur électrique et le central technique, mais les baraques qui se trouvent dans ou à proximité des trois villages n'ont pas été comprises dans les destructions et existent encore. Les casernes ne sont qu'en partie incendiées, mais les pistes sont intactes, l'aérodrome est bouleversé mais après déblaiement il peut encore servir. Les habitants d' Estrées réintègrent leurs maisons. Le village a beaucoup souffert.


Le 12 septembre 1944, L’aérodrome est déclaré aérodrome de préparation opérationnelle des unités de combat de la 9e Force aérienne.

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« A 72 Peronne Airfield »

Les 2 pistes sont opérationnelles: La 04/22 de 5 250 x 164 feet (1 500m x 50m )et la 09/27 de 5400 x 164 feet (2 500m x 45m).
Des avions américains P 38 arrivent nombreux à l'aérodrome qui est devenu « U.S. Air strips A 72.»

Ce sont les Lightning P38 avion à deux queues du Fighter Group 474 des squadrons 428, 429,430

Le groupe de combattants (Avion de chasse) est arrivé à Mons le 12 septembre, venant de St Marceau base A 43 dans la Sarthe, les allemands reculent si vite, le groupe fait un bond de 325 km pour être proche du front, le 2 octobre il part pour la région de Namur sur la base A78.

Les aviateurs logent dans des petites tentes dites « marabout » numérotées et dressées le long des chemins autour des pistes. Le dépôt d'essence est établi dans la propriété de l'ancien château de Bias. L'accès à l'aérodrome est libre. Le dimanche il y a beaucoup de monde.

Photo prise par Lloyd Newton du 428 Squadron

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Un P38 Lightning du Fighter Group 474
des squadrons 428, 429,430

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Tente type Marabout

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Le 2 octobre et les jours suivants, les escadrilles de Lightning quittent l'aérodrome emmenant leurs munitions du bois de Bias vers la base A 78 en Belgique. Jusqu'au 5 octobre. Il n'y a plus de soldats américains.



Le 6 octobre 1944 et surtout le samedi 7 et le dimanche 8 de nouvelles escadrilles américaines viennent occuper le terrain qui connaît alors une grande activité. Les appareils forts nombreux sont des bombardiers légers du type Maraudeur B 26 du 397 th bombardment .Group

Le 397th bomb group (Colonel Richard T. Comer) de la Ninth Air Force (9ème armée de l'air) comprenant les escadrilles 596, 597 , 598  et 599 et les services nécessaire à la bonne marche de la formation arrivent à Estrées. Ils se composent ainsi :
304th Service Group, Team B et 6 Air Service Squad, campés à Estrées,
46  Bomb Disposal Squad (artificiers) à Mons,
42  Mobile Réclamation and repair Squad du 1st Area Avanced Air Force (réparation) à Estrées.
137th C.A.M. Eng. Cie B (génie) à Mons.
Military Police Dt A 1175 M.P. Cie à Mons.
Service incendie 2147 Engrav. Fire Fightin Platoon
L'infirmerie Dispensary.
Le Pathfinder Squadron est installé lui à Monchy.
Le colonel est à Mons avec l 'Etat major du groupe.
Ils y resteront jusqu’au 25 avril 1945

B26 MARAUDER

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Photos prises par Lloyd Newton du 428 Squadron
La troupe de combat «Combat Crew» est logée dans les baraques à Bouvincourt. Naturellement il y a de la DCA, installée en divers endroits dans et prés de l'aérodrome où cette masse d'hommes entraîne une activité considérable.

Les bombes sont entreposées dans le bois de Bias à l'ancien dépôt allemand et dans le bois après : le carrefour Bouriat.

Les américains ont aussi créé une infrastructure routière, des quais de déchargement pour les fournitures, les munitions, l’essence, un réseau d’eau potable et un réseau électrique pour l’éclairage et les communications.

Au service spirituel il y a eu un prêtre catholique (Father George STEPHAN) qui a aidé le père Josiah G CHATAM mais également pour les protestants le Révérend Clarence R CONFORT.

Quartiers de la troupe de combat

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Le personnel féminin est également présent sur la base A72

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En décembre 1944, Les formations de bombardiers stationnés à Estrées participent intensément aux attaques (région de Bastogne) et éprouvent assez de pertes. La journée du 23 décembre est pour elles particulièrement mauvaise car 13 de ses appareils ne reviennent pas. La fête de Noël est attristée. Le matin un avion explose au décollage avec son chargement de bombes mais ne fait pas de victimes; dans la soirée un autre brûle.

Un équipage pose devant son bombardier

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Janvier 1945, fut un mois neigeux, plusieurs appareils furent détournés vers d’autres bases.
Il y eut plusieurs pertes, dont le B 26 tombé à Tincourt-Boucly. .

Le 5 avril 1945. Le B26 Marauder 42-96152 Y2M
Unité : 397 th BG/596 th B15/ 9 th Air Force, s ‘écrase et brule à 7km SE. de Péronne. lors d’un vol d’entrainement 3 aviateurs sont morts. Rapport MACR 15919

Le 19 avril 1945 Le B26 Marauder 43 344509 F
Unité : 357 th BG/597/BS/ 9th Air Force s’écrase au décollage, l’avion est détruit, le pilote Elmer FRANK est enterré à Epinal au cimetière américain tombe B 26.43

Les 23 au 26 avril 1945. Les Américains quittent l'aérodrome où ils sont remplacés par quelques soldats de l'aviation française.


Le 21 mai 1945, les Américains reviennent, c'est le 397 Sq avec ses B26 «Marauder» qui est de retour. Les Français s'installent à Bouvincourt.

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Le 11 décembre 1945 les Américains quittent Estrées et les environs ne laissant qu'une dizaine d'hommes (A 72 Holding Party) qui gardent l'aérodrome en empêchant les soldats français de s'y installer.

Le 12 mars 1946, les américains quittent l’aérodrome qui est délaissé.

Le 25 avril 1946, L’aérodrome est remis au commandement aérien du service technique et est devenu un dépôt de l’armée de l’air américaine et une aire de stockage de beaucoup d’appareils excédentaires avant de les réexpédier par bateaux aux Etats-Unis. Ils enterrent des tonnes de matériels divers et outillages, carcasses d’avions etc.

30 juin 1946, le terrain est remis au Ministère de l’Air français. Mais la France n’a pas les moyens de reconstruire le terrain, il sera laissé à l’abandon et les terres louées aux agriculteurs.



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En mars 1950 il est très facile de circuler sur les pistes pour se rendre dans les champs.

La remise en culture des terres de l'aérodrome en 1949-1950

Débordant sur le terroir des communes voisines, le terrain d'aviation avec ses pistes bétonnées de plusieurs kilomètres de long ne sera pas démoli, sans doute pour des raisons stratégiques, il a été peu à peu grignoté par les cultivateurs qui ont remis en culture les parcelles qui pouvaient l'être et qui leur appartenaient. Les bâtiments furent vendus après la Libération. (A Doingt, la salle des prisonniers et quelques baraquements furent achetés et montés pour faire des habitations toujours debout en 2 000, mais bien modifiés notamment dans la rue Héricourt).
La plupart des édifices étaient assis sur des fondations robustes. Le terrain fut divisé en plusieurs lots. Un bulldozer donna en quelques instants un aperçu édifiant du travail qu'il pouvait faire en une journée. D'un poids de 17 tonnes, avec une lame de 4,20m, il remontait des masses imposantes de béton et nivelait dans une journée 1 200 m3 de terre.
En 1950, il est très facile de circuler sur les pistes pour se rendre dans les champs.
En 1952, une entreprise de Paris (Ballot) est venue remettre les pistes restantes aux normes exigées en raison de la menace de la guerre froide avec l’Union Soviétique, la base de Péronne est offerte à l’United States Air Force pour démontrer à l’OTAN l’engagement de la France. Il a était décidé d’utiliser la base en cas d’urgence et de sauvegarde
En 1954 création d’une piste avec le minimum d’installation pour toutes les forces aériennes de l’OTAN pour disperser les forces aériennes en cas de guerre totale conventionnelle ou nucléaire.
Elle sera connue sous le nom de St Quentin-Estrées Base Aérienne. Seule la piste a été terminée et peut encore aujourd'hui recevoir de gros porteurs et des avions de chasse. Beaucoup de Dongitois y ont travaillé.

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Estrées Mars 1963 IGN

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L' usine Bonduelle

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Depuis, le terrain est utilisé pour des baptêmes de l'air, il y a une école de pilotage et une école de parachutisme renommée mondiale.

Les 8 et 9 septembre 1990, la Patrouille de France et ses huit Alphajet ont fait un bref passage. La manifestation qui s'annonçait grandiose avec des avions anciens et modernes, des hélicoptères, mongolfières, parachutistes avait du être annulée la veille au soir à cause d'une fête de la terre qui se déroulait à l'autre bout du village et dans l'axe de la piste.


A cette époque l'aéro-club de Péronne disposait pour l'école de:
-un CESSNA FA 150, 2 places
-un MORANE SAULNIER type rallye 880 B, 3/4 places
et pour les déplacements et voyages
-un MORANE SAULNIER type Rallye 893 E, 4 places

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Actuellement l’approche est différente, l’usine Bonduelle qui borde l’aérodrome a construit une tour réfrigérante de + de 30 m de haut et prévoit la construction d’une usine à énergie renouvelable pour la production de vapeur afin de  développer les légumes cuits à la vapeur dont le gout est incomparable.

La carte de l' aérodrome en 2012

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Mémoire de Doingt-Flamicourt André Bauduin
le 26/10/2012


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Mis en ligne par Somme Aviation
le 4 Octobre 2017
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