DE L' ENQUÊTE A LA DÉCOUVERTE DU MOTEUR

Alain Obée a appris par son ami Gérard Flicot passionné d’aviation et résidant à Toeuffles qu’un avion allié s’était crashé dans une pâture qui jouxtait sa propriété. Alain rechercha un témoin dans le village, et finalement il téléphona à Mme Edithe Calippe, qui se souvenait du lieu approximatif de la chute d'un avion allié en 1941. Le 28 décembre nous décidions d’effectuer une reconnaissance sur place. Après plus d’une heure de recherches infructueuses, Gérard alla rendre visite à  la fille du propriétaire de l’époque, qui lui indiqua avec précision l' endroit de l' impact. Sur place, nous avons trouvé 3 douilles datées de 1943, ce qui permis de situer  le crash dans le temps,  à partir de 1943. Nous avons  obtenu un écho très important à l' aide du détecteur de masse prêté par le Service de déminage. J’ai alors contacté mon ami Etienne Boulnois afin de connaitre ses disponibilités pour venir creuser sur place. Rendez-vous fut pris le samedi 31 décembre car nous étions assurés d’une météo correcte.

Le 31 décembre ciel bleu, mais brumeux, température négative. À 9 H nous donnons le 1er coup de godet qui met à jour immédiatement les petits tuyaux d’intérieur d’un radiateur. Nous pensons qu' il s' agit d' un radiateur d’aile de Spitfire, mais lorsqu' apparurent assez vite des tubes de fuselage de section importante, nous nous sommes doutés qu' il s' agissait d' un autre type d' appareil. Avec la découverte d'une demi jambe de train  bien plus grosse que celle du  Spitfire, l’idée d’un Typhoon se dessina. En fait nous allions trouver des morceaux de l’énorme radiateur du Typhoon jusque 6 m de profondeur. Par la suite, une petite plaque relative au moteur fut découverte avec l'inscription du  nom de SABRE. A partir de là il n'y avait  plus aucun doute, nous étions en présence d' un Typhoon . Une grosse pièce allait être sortie, c’était l’étambot avec tout le mécanisme hydraulique de rétractation du train, puis la roulette de queue, et une quantité phénoménale de tôlages de tubes, relativement peu corrodés. Vinrent ensuite : bouteille à oxygène et bouteille à air comprimé, plaques de blindage, les deux magnétos, deux génératrices, une pour le moteur et l’autre pour l’IFF, la plaque d’ordre d’allumage du moteur, une plaque avec le type de moteur SABRE, diverses plaques d’identification d’assemblage, comme la plaque de l’empennage fixe verticale et les plaques de la profondeur, le saumon du plan fixe de la gouverne de profondeur, le transpondeur IFF avec son antenne avec son boitier d’alimentation; le tôlage avec une partie du serial number 600, le bas de la lettre X du codage du Squadron 174 XP, une partie de la lettre K, codage individuel du JP 600; les montants du cockpit type «  door car » portière de voiture du Mk1b première version, avec les poignée d’éjection de la verrière.



JFL Cobbett (JP 600) et RV Smith (JR 373) 174 Squadron (1943)

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PO JFL Cobbett pilote du
JP 600 et Tex la mascotte du 174 Squadron (Décembre 1943)

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Rapport de Gendarmerie
du 7 Janvier 1944 (2)

Rapport 7 Janvier 1944 Site.JPG

Rapport de Gendarmerie
du 7 Janvier 1944 (1)

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Rapport de Gendarmerie du
7 Janvier 1944 (3)

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LE TYPHOON MK1B XP- K JP 600, SQ 174

Le JP 600 fait partie de la production de la 4ème série de 600 avions produits par Gloster Aircraft Company Ltd à Brockworth dans le comté du Gloucertershire en 1943,usine qui construisit entre autres les Gloster Gladiator, une série de 1000 Huricane, le Gloster Meteor et après la guerre le célèbre Javelin. Les moteurs Napier Sabre IIA équipaient les Typhoon de ce lot de production. Plus tard, les avions de ce lot ont été équipés de verrières coulissantes, au mettre titre que certains avions plus anciens qui ont été modifiés. Les livraisons sont intervenues à partir du 5 Avril 1943 et furent achevées en décembre 1943. La production moyenne journalière était de 18 avions.
Le JP 600 fait partie de la même production que le projet du Typhoon JP 843, qui est actuellement restauré par une association Canado-Néo-Zélandaise "Typhoon Legacy". Les deux avions furent équipés de série avec des verrières ouvrantes (littéralement verrières comme des portes de voiture « appelé en anglais « door car ») et modifiés avec des verrières coulissantes au printemps 1944. Étant donné que le crash du JP 600 s’est déroulé en Janvier 1944 (près de la fin de la production) il était équipé de l’ancien modèle « portière de voiture », d’ailleurs nous avons retrouvé les poignées d’éjection sur les montants de la verrière. Le Typhoon Mk 1b de Noel Helean porte le serial number JP 845.
L’association « Typhoon Legacy », nous a identifié de nombreuse pièces avec précisions. D’ailleurs un de leur contact en France, Nicolas Walter Alsacien va nous emprunter des pièces pour les mesurer avec précision et les modéliser en 3D afin que l’association puisse les reconstruire comme à l’origine, car il n’existe plus aujourd’hui de liasse de plans complets au monde. L’autre association britannique « Hawker Typhoon Restoration » basé à Manston en Angleterre souhaite également nous emprunter des pièces dans le même but.



L' IDENTIFICATION DE L' APPAREIL

En milieu de journée, je téléphonais à JP Ducellier pour lui dire que nous avions trouvé un Typhoon, en fin d' après-midi, il me rappela en disant qu’il ne pouvait s’agir qu’un des deux Typhoon qui s' étaient télescopés le 7 janvier 44. Nous penchions pour le JP 600 de Cobbett, la rumeur légendaire au village disait que le pilote s’était tué en sautant en parachute, cependant, il n' était  plus possible de recueillir de témoignage direct. Après avoir nettoyé quelques pièces, j’ai trouvé le chiffre 600 sur le tôlage, mais il fallait un oeil aguerri pour le deviner car la peinture une fois sortie de terre au contact de l’oxygène disparut rapidement. Sur deux autres tôles on pouvait encore distinguer une partie du J et sur l’autre, une partie des lettres JP et le chiffre 600. Nous étions donc sûr qu' il s' agissait du Typhoon MK 1b de Cobbett. Ensuite Dany Dheilly a retrouvé un rapport de gendarmerie qui provenait des archives départementales indiquant « un avion tombé à Toeuffles avec le pilote mort ». Puis dans un autre rapport un second avion à Behen avec un pilote australien blessé et fait prisonnier, c’était R.V. Smith et son JR373.

Moteur du Typhoon XP-K JP 600

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Bord de fuite retrouvé sur le Typhoon JP 600 à Toeufles

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Emplacement du bord de fuite sur le Typhoon en reconstruction chez "Typhoon Legacy"

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Démarreur

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Génératrices et démarreur

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Poignée d'éjection de verrière

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LA PRESSE EN PARLE......

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