Résumé des recherches

Nous avions répertorié sur le village de Wanel (30 Km N.O. d'Amiens - Somme) 4 avions (Spitfire, P 47, Mosquito et Léo 451), mais bien sûr nous ne connaissions pas le lieu exact des crashs de ces avions. Après avoir fait du porte à porte, nous avons rencontré Monsieur Alain Damonneville qui nous a indiqué que, dans sa jeunesse, il avait trouvé des pièces d’aluminium près d’une haie dans une de ses pâtures. Il nous a également suggéré d’interroger son frère Serge Damonneville qui réside en Charentes (ce que nous avons fait) car il pouvait peut-être se rappeler d’informations utiles à l’identification du lieu des crashs.

 

Nous nous sommes ensuite rendus en juillet 2009 dans la pâture indiquée et nous avons effectivement trouvé quelques fragments d’aluminium et deux douilles de 20mm qui avaient été percutées. Nous les avons immédiatement identifiés comme appartenant au LéO. Certaines pièces en aluminium sont typiques du LéO 451, par exemple les passages de lisse dans le fuselage. Ces pièces formaient les cadres intérieurs du fuselage (voir photos des pièces).

 


Dernière mission du LeO-451 N° 24 du GB I/12

Vendredi 31 mai 1940 - 18h30

Décollage de ORLEANS-BRICY (Loiret)

 

Mission :

Bombardement des colonnes ennemies sur les routes de Bernaville-Amiens et Doullens-Amiens dans la Somme.

 

Composition de l’escadrille :

8 appareils (4 du GB I/12 et 4 du GB II/12 )

 

Pas d’escorte de chasse...


(Dossier réalisé par Alain Boutté)

Coté Allemand

Au regard des listes des victoires allemandes de cette journée, dans ce créneau horaire et cette zone géographique, nous pouvons estimer que l’équipage du LéO n° 24, a probablement été victime des Bf109E du Stab III/JG53 et plus particulièrement de l’Oblt Heinz Wittenberg, du Ltn Walter Radlick et du redoutable Hptm Werner Mölders qui revendiquent un LéO451 à 30Km au Sud d’Abbeville.

Témoignage des deux survivants sur les derniers instants du vol

Témoignage de l'Adjudant Robert MATHONNIERE (Chef d'avion)

 

 

" ... A 30 km de l'objectif, le leader rentre dans les nuages. Nous essayons de le suivre un moment, mais la visibilité devenant nulle nous dégageons en piquant vers la gauche. Nous sortons de la couche quelques minutes plus tard, seuls ! Je donne le cap de l'objectif au pilote. Celui-ci est atteint à 19 h 10. A part quelques tirs de DCA, rien, ni véhicule ni troupe. Après une dizaine de kilomètres, nous inspectons les routes voisines. Quand soudain, notre canonnier nous annonce un Messerschmitt 109 nous attaquant par l'arrière.

Nous piquons, des rafales se font entendre, le CLC Jacquemin annonce avec joie que le chasseur descend en flammes. L'euphorie est de courte durée, car aussitôt 3 autres ME 109 arrivent dans nos 6 heures. Je dis au pilote de continuer à piquer en direction du Nord-Ouest. Le moteur droit s'arrête, consternation ! Il va être dur de regagner nos lignes. Tout à coup j'entends le radio pousser un grand cri. Je quitte ma place, pour trouver le CLC Dumont, qui n'avait pas hésité à descendre sa cuve dans le combat et tirer sur les chasseurs, la tête pleine de sang, couché sur son arme. L'avion est criblé sans arrêt de balles et d'obus. Le canonnier blessé aux jambes, continue de tirer. Nous repassons les lignes à 300 mètres en descente. Le canon se tait, les munitions sont épuisées. Les ME 109 se rapprochent. Nous ne sommes plus qu'à une vingtaine de mètres du sol. Puis le second moteur lâche, l'aile accroche un arbre.

Je perds connaissance et, quand je reviens à moi, je vois une ouverture à ma droite par laquelle j'arrive à sortir. L'avion est brisé et en flammes. Alors qu'il m'est impossible de dégager le pilote, le canonnier réussit à sortir. Puis une explosion formidable pulvérise le LéO ".

 

Témoignage du Caporal Chef Edouard JACQUEMIN (Canonnier)

 

" … Nous avons eu quatre chasseurs allemands sur le dos. J’ai réussi à en abattre un, mais quelques minutes après, nous avons été abattus, nous sommes tombés dans un verger.

L’avant du Léo s’est coupé, la queue de l’appareil s’est rabattue vers l’avant. Le pilote et le radio ont été tués et l’observateur qui était devant est sorti miraculeusement indemne et moi qui était derrière j’ai pu sortir seul malgré mes blessures. Nous sommes tombés juste dans les lignes françaises. J’ai vu arriver des soldats je leur ai dit : "faites pas les cons je suis français". Ils m’ont sorti de là et mis dans un trou d’obus. Je leur ai dit de faire attention car l’avion allait sauter. Les soldats m’ont assommé avec une forte ration de rhum pour me calmer.

Ils m’ont emmené à travers les lignes pour recevoir les premiers soins. De là, j’ai été évacué sur Beauvais…"

 

Tombés près d’une position anti-chars qui barre le débouché de la route d’Abbeville, tenue par des hommes du 22ème RIC, Mathonnière et Jacquemin tenteront de sortir le pilote, qui est vivant mais coincé dans la carlingue écrasée, leurs efforts seront vains, les bombes sont toujours à bord et l’incendie fait rage, Filippi leur dit de le laisser là et de fuir avant que tout saute.

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