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Résumé réalisé par Jean-Pierre Ducellier

Le jeudi 6 juin 1940 sur le terrain de Tavaux, près de Dôle, cinq équipages du Groupe de bombardement II / 12 sont en alerte depuis l’aube.

A 13 heures, l’ordre est donné d’attaquer et de bombarder à 16h15 des groupes d’éléments motorisés allemands se trouvant aux environs de Chaulnes dans la Somme.

Ciel bleu prévu sur toute la France ce qui est catastrophique pour les équipages étant donné la supériorité des forces aériennes de chasse allemande.

Pour les bombardiers, les conditions météorologiques sont estimées bonnes lorsque dans le ciel, des bancs de nuages permettent éventuellement de se dissimuler ou encore lors de l’aube ou du crépuscule mais ce jeudi 6 juin 1940, il y a urgence car le front de la Somme a été enfoncé.

Cinq LeO 451 décolleront ainsi de l’aérodrome de Tavaux mais l’un de ces avions ayant des ennuis mécaniques, devra faire demi-tour et regagnera le terrain. Deux sections de deux avions poursuivront cependant la mission.

 Première section

LeO 451 n° 152 :

Avion Leader      

Lt André Mayer Chef de bord                   

Sgt / Chef Cadiou Pilote

Sgt Verlet Opérateur-radio / mitrailleur

Sgt Baert Canonnier

 

LeO 451 n° 44 :                   

Ailier droit   

Lt Deprette Chef de bord                            

Lt Mercier Pilote

Caporal-Chef Lesueur Opérateur-radio / mitrailleur

Caporal Guerchon Canonnier

 

Deuxième section qui devait suivre à vue

LeO 451 n° 151 :                 

Lt Genty Chef de bord

Sgt / Chef Petit Pilote

Sgt Jacquot Opérateur-radio

Sgt Caillet Canonnier

 

LeO 451 n° 38 :                   

Lt Saussine Chef de bord

Sgt / Chef Paumier Pilote

Sgt Gentier Opérateur-radio / mitrailleur

Sgt Arachequesne Canonnier

 

Il sera aux environs de 16 heures dans l’après-midi de ce jeudi 6 juin 1940 lorsque les quatre LeO 451 du GB II / 12 venant de Tavaux / Dôle, après avoir volé sans ennuis, vont arriver au-dessus de la ville de Roye qui est en feu, laissant au-dessus d’elle un grand nuage de fumée noire.

Les avions se dirigent en effet vers la région de Chaulnes où ils doivent attaquer des blindés allemands en opération.

Très peu de temps après, avant l’arrivée des bombardiers au-dessus de l’objectif, l’apparition de plusieurs formations de Messerschmitt Bf 109 (une quinzaine au total) va obliger le Lt André Mayer, le leader de la formation, à donner l’ordre de faire demi-tour, de tourner ainsi le dos aux chasseurs ennemis en espérant de cette façon pouvoir utiliser plus facilement les canons et mitrailleuses qui seront alors dirigés vers ces derniers arrivant de l’arrière …

Devant le nombre d’assaillants, 15 contre 4, l’espoir de regagner les lignes françaises où la chasse française pourra peut-être plus facilement venir à leur secours, entre, bien sûr, dans le raisonnement du Lt Mayer.

Le LeO 451 n° 152 (Lt Mayer – Leader général), le LeO 451 n° 151 (Lt Genty – Leader de la seconde section), le LeO 451 n° 38 (Lt Saussine – ailier du Lt Genty) vont ainsi parvenir, à priori tous les trois, à faire demi-tour … Mais ils vont être très rapidement submergés par l’attaque des Bf 109 allemands.

Le LeO 451 n° 44 du Lt Deprette – ailier droit de la première section – n’est pas parvenu à virer sur la gauche (ou son commandant de bord n’a pas entendu l’ordre). Toujours est-il que cet avion va ainsi poursuivre sa trajectoire rectiligne jusqu’au-dessus de l’objectif … (région de Chaulnes).

L’ensemble des Messerschmitt Bf 109 attaquant les trois LeO 451 qui font demi-tour laisseront ainsi un peu de répit à ce bombardier du Lt Deprette qui parviendra même à larguer ses bombes vers les Panzers allemands avant de réussir à regagner sa base malgré une attaque des chasseurs ennemis survenant après le largage des bombes.

Les trois LeO 451 qui ont fait demi-tour seront cependant abattus :

    • Le premier LeO 451 n° 38 du Lt Saussine s’écrasera entre Mézières-en-Santerre et Beaucourt, près de la côte Saint-Christophe. Les quatre membres de l’équipage seront tués ;
    • Le LeO 451 n° 151s’écrasera à Braches au Sud-Ouest de Moreuil. Deux membres d’équipage seront tués. Deux parachutistes auront cependant eu la vie sauve ;
    • Le LeO 451 n° 152 du Lt Mayer – Leader de la formation – s’écrasera entre Ferrières et Dompierre dans le département de l’Oise au Sud-Ouest de Montdidier. Les quatre parachutistes seront blessés mais vivants.

 

Le LeO 451 n° 152 du GB II / 12

Avion leader de la première section :

Lt André Mayer Chef de bord

Sgt / Chef Cadiou Pilote

Sgt Verlet Opérateur-radio / mitrailleur

Sgt Baert Canonnier

 

Le LeO 451 n° 152 (Lt Mayer – leader) s’écrasera entre Ferrières et Dompierre dans le département de l’Oise au Sud-Ouest de Montdidier.

4 parachutistes blessés mais vivants.

Les 4 membres de l’équipage de cet avion avaient eu la vie sauve.

Victime à priori des Messerschmitt Bf 109 du I /JG 1 et peut-être du I / JG 51, ce bombardier français s’est en effet écrasé sur le sol vers 16h15 dans le département de l’Oise au Nord-Est du bois de Maignelay, entre Ferrières et Dompierre, au Sud-Ouest de Montdidier.

Les hommes d’équipage ont été recueillis dans la région de ces localités du département de l’Oise.

Blessés assez sérieusement, les quatre hommes seront conduits à l’hôpital de Chantilly.

 

Le LeO 451 n° 44 du GB II / 12

Avion ailier droit du leader de la première section :

Lt Deprette Chef de bord

Lt Mercier Pilote

Caporal-Chef Lesueur Opérateur-radio / mitrailleur

Caporal Guerchon Canonnier

 

Ce LeO 451 n° 44 commandé par le Lt Deprette n’a en fait pas pu suivre exactement la manœuvre ordonnée par le leader, le Lt Mayer.

S’étant trouvé déporté sur la droite, cet avion va bénéficier ainsi tout au moins à l’origine, d’une position qui se situera hors de la zone d’attaque des chasseurs allemands.

Il parviendra alors à poursuivre sa route directement vers l’objectif et à le bombarder … "Le chef de bord, recroquevillé sur son siège, regardant dans son viseur placé entre ses jambes et tirant sur la poignée de largage des bombes lorsque apparaîtront les blindés allemands. Explosion, colonnes de fumée …".

La mission du LeO 451 n° 44 étant accomplie, l’avion va maintenant tenter de regagner sa base mais deux Bf 109 attaqueront ce bombardier alors qu’il vire pour faire demi-tour. Pourtant cet avion français parviendra à regagner en rase-mottes les lignes françaises.

Le mitrailleur et le canonnier ouvriront le feu sans relâche poussant un cri de triomphe lorsqu’ils verront un Messerschmitt basculer en flammes, une colonne de fumée s’élevant à la place où l’avion allemand s’est écrasé sur le sol.

Le second Bf 109 poursuivra un instant son attaque avant de dégager …

Mission accomplie mais immense tristesse car l’équipage a vu l’un des leurs abattu tomber en flammes vers le sol.

 

Le LeO 451 n° 151 du GB II / 12

Avion leader de la seconde section : qui devait suivre à vue

Lt Genty Chef de bord

Sgt / Chef Petit Pilote

Sgt Jacquot Opérateur-radio / mitrailleur

Sgt Caillet Canonnier

 

Nous avons vu dans le rapport établi par le Lieutenant Mayer les circonstances de la fin de cet avion.

Après avoir survolé Roye puis viré sur la gauche pour prendre le chemin du retour ce bombardier a été assailli par plusieurs Messerschmitt Bf 109 …

3 Messerschmitt Bf 109 dessous … 3 Messerschmitt Bf 109 dessus …

Au cours des combats 2 aviateurs seront mortellement touchés par les obus allemands :

Le Sgt / Chef Charles Jacquot et le SGT Lucien Caillet ont trouvé la mort sous les obus des chasseurs allemands et gisent dans l’avion.

A bord de ce LeO 451 un violent incendie va se déclarer à l’arrière de l’avion tandis que le moteur gauche sera lui aussi en feu.

Après plusieurs tentatives infructueuses les deux survivants vont parvenir à sauter en parachute et se poseront sains et saufs à proximité de Braches.

Quant au LeO 451 n° 151, ce bombardier s’écrasera à environ 400 mètres du point où se sont posés les parachutistes.

Le corps des deux sous-officiers morts sous les obus allemands seront regroupés dans une tombe unique.

Une petite médaille de Sainte Thérèse portée par le Sgt Jacquot retrouvée dans l’amas de ferraille permettra l’identification de l’équipage de cet avion.

 

Le LeO 451 n° 38 du GB II / 12

Avion ailier de la seconde section :

Lt Saussine Chef de bord

Sgt / Chef Paumier Pilote

Sgt Gentier Opérateur-radio / mitrailleur

Sgt Arachequesne Canonnier

 

Porté disparu à l’origine, les débris calcinés d’un bombardier abattu le 6 juin 1940 seront retrouvés entre Mézières-en-Santerre et Beaucourt près de la côte Saint-Christophe, sur la gauche de la route auprès duquel se trouvait une tombe d’inconnu.

D’après la déposition d’un officier de la VIIème Armée, il s’agissait d’un présumé sergent-radio Maurice Gentier, membre de l’équipage du LeO 451 n° 38 – avion dont on avait retrouvé le carnet de bord.

Les Allemands occupant cette zone, les recherches seront difficiles mais Madame Saussine qui s’acharnait à retrouver des traces de son mari réussira à infléchir les consignes allemandes. Elle apprendra qu’un morceau de dérive de l’avion portant l’immatriculation 38 se trouvait dans un hangar.

Il n’y avait donc plus de doute sur l’identité de cet avion. Elle parviendra à faire exhumer le mort présumé Gentier mais il sera alors découvert que ce corps était celui du
Sgt Arachequesne et en aucun cas le Lt Saussine.

On apprendra également que le Sergent-Chef pilote Paumier avait sauté en parachute de l’avion en perdition.

Son parachute s’était ouvert mais mitraillé, l’aviateur tomba sur le sol agonisant. Il mourut auprès de l’Abbé Mandrin de la 7e D.I.N.A. et du médecin militaire Lieutenant Gaslonde du 31e Tunisien.

Son corps sera emmené à Hangest puis inhumé au cimetière de Sains-Morainvillers dans l’Oise.

Malgré de nombreuses recherches ultérieures, le corps du Lt Saussine ne sera jamais retrouvé.

Il avait 35 ans et en février 1940 avait été nommé Chevalier de la légion d’honneur.

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