Focke Wulf 190 A-1 - Wnr 110072 du 6 / JG 26 de la Luftwaffe
Tombé le jeudi 26 mars 1942 sur le territoire de la commune de Hautvillers-Ouville (Somme)

Résumé des recherches (Pierre Ben & Jean-Pierre Ducellier)
 
Le jeudi 26 mars 1942, Georges Pontier, un petit garçon de 7 ans qui habitait le village de Hautvillers-Ouville, regardait dans le ciel les évolutions d’un chasseur allemand qui venait de décoller de la base aérienne d’Abbeville / Drucat lorsque soudain il le vit poursuivre son piqué, sans fumée, sans flammes … et quelques instants plus tard percuter le sol dans une énorme déflagration.

Georges courut immédiatement sur les lieux du crash qui venait d’avoir lieu à la sortie Nord du village, dans une pâture sur la droite de la route menant à Lamotte-Buleux. L’avion avait disparu dans le sol où il s’y était enfoncé profondément ne laissant qu’un gros cratère dans lequel gisaient encore quelques débris métalliques.

Très vite après, les militaires allemands arrivèrent … puis un peu plus tard ils amenèrent un camion-grue provenant de leur formation du génie pour essayer de récupérer quelques fragments de leur avion et de retrouver si possible le pilote qui n’avait pu qu’être tué dans ce crash.

Que purent récupérer exactement les militaires allemands ? Nous l’ignorons mais ce qui est certain est que ce chasseur avait pénétré le sol selon un angle quasi-vertical et avec une telle force qu'il s’y était enfoncé très profondément.

Pourtant selon les autorités allemandes certains restes du pilote seront retrouvés et le pilote semble avoir alors été inhumé provisoirement dans le cimetière d’Abbeville.

Le Lieutnant Alois Löhr de la base aérienne de Abbeville / Drucat effectuait un vol sur le Focke Wulf A-1 Wnr 110072 du 6 / JG 26 pour faire des essais moteur et tester cet avion en piqué.

Au cours de l’un de ces piqués, le pilote ne parvint effectivement pas à redresser et son avion s’écrasa sur le territoire de la commune de Hautvillers-Ouville juste à la sortie Nord-Est de l’agglomération dans une pâture se trouvant en face d’une ferme.

Le pilote n’ayant pu sauter en parachute trouva la mort dans le crash de son avion, comme nous venons de le voir.

En 2005, Georges Pontier nous avait contactés pour essayer d’en savoir un peu plus sur cette tragédie.

S’il fut facile de lui donner la date de ce crash, la petite équipe de Pierre Ben aura en revanche, à l’origine, quelques difficultés pour trouver l’endroit exact du point d’impact de l’avion malgré les précisons données par Georges Pontier. En effet, la surface de la pâture d’origine avait été réduite après la guerre mais tous l’ignoraient.

Des recherches complémentaires permettront de localiser la zone du crash à la limite de cette pâture et d’un champ appartenant au même agriculteur, Monsieur Boizard.

Les assolements culturaux ne permettront cependant pas une exploration de ce site avant l’automne 2009.

Ce sera donc le samedi 21 novembre 2009 que cette intervention se déroulera.

Le samedi 21 novembre 2009

Magnifique journée d’automne.

Le travail de recherche sera commencé avec un tracto-pelle qui se révèlera insuffisant étant donné la nature du crash en piqué. Une grue sera alors indispensable pour pouvoir poursuivre cette exploration.

Les pièces suivantes seront récupérées :

Des douilles d’obus typiques du canon MG FF (les douilles ont le culot rétreint. Une seule en cuivre est récupérable. Les autres en fer, sont, elles, irrécupérables) ;
 
Des plaques de blindage autour des magasins de munition ;

Quatre bouteilles à air comprimé pour l’armement des mitrailleuses MG 17 et canon MG FF ;

Deux bouteilles à oxygène possédant encore : Des traces de peinture bleue en traitement de surface , des marquages encore très bien lisibles (Luftwaffe, dates, contenance, n° de série etc …) ;
 
Des cylindres plus ou moins complets ;

Des fragments de cylindres ;

Plusieurs soupapes en très bon état ;

Des munitions de 7,92 mm à foison ;

Le peigne du pilote ;

Les semelles de chaussures ;

Curieusement, deux fragments identiques provenant … de deux pistolets de détresse ;

La boucle de harnais en bon état ;

Une trappe de visite, apparemment de l’aile, en bon état ;

Diverses pièces qui avaient reçu jadis un traitement de surface anodisé, de couleur jaune, en très bon état ;

Notamment des raccords hydrauliques de la marque ARGUS ;

Un renvoi de commande magnifique qui relie le vérin de commande des volets d’intrados sur lequel on peut lire un numéro commençant par 8-190 (le n°8 pour structure et le 190 correspondant à FW 190) ;
 
Plusieurs petites pièces du moteur portant les références 801 avec le sigle rond BMW – Le numéro 801 est très important car le moteur de tous les FW 190 A était un BMW 801 radial de 14 cylindres ;

Une bouteille à air comprimé pour le gonflage du gilet de sauvetage ;

Le détendeur à oxygène ;

Un condensateur TELEFUNKEN ;

Une garniture du tambour de frein ;

Deux morceaux d’aluminium avec de la peinture jaune, provenant très probablement du dessous du capot ;

La tirette d’éjection de la verrière ;

Le plateau de la commande du coulissement de la verrière ;

Le moyeu de la roue droite avec une partie du compas d’amortisseur ;

La jambe de train ;

Le bloc moteur tordu mais en bon état sera récupéré à environ 5,50 mètres de profondeur ;

Le moyeu d’hélice VDM, lui, sera trouvé à environ 6 mètres ;
 
Plusieurs culbuteurs bien spécifiques aux moteurs en étoile seront également retrouvés en excellent état, ces derniers ayant pu être extraits des têtes de cylindres alors encore totalement hermétiques ;
 
Le dossier du siège en fer blindé ainsi qu’une partie du bas du siège, blindé également ;
 
Des morceaux du bâti moteur, de section rectangulaire, dans lequel circulait l’huile pour le graissage du moteur. Sur ce cadre étaient fixés les sillent-blocs. Deux de ces derniers ont été récupérés en bon état, l’enveloppe du sillent-bloc étant une feuille d’aluminium anodisée ;
 
Deux moteurs électriques en bon état ;

Les enveloppes constituées de plusieurs couches de caoutchouc auto-obstruant qui entouraient les réservoirs ;

Plusieurs plaques de blindage.

Le poids global de l’ensemble de ces pièces diverses récupérées et provenant ainsi de ce Focke Wulf A-1 sera globalement estimé à environ une tonne.

Même si lors de ces opérations de recherche, les pièces retrouvées semblent toujours très abîmées, la plupart du temps, certaines sont récupérables, certes après une restauration plus ou moins importante.

A l’exception des environnements marécageux, notre sol Picard est particulièrement dur et corrosif pour les pièces de ces avions comparativement aux terres noires des Flandres.

Cependant, chaque exploration apporte ses surprises et il est toujours très agréable de découvrir chaque fois des pièces différentes.
 
Ce samedi 21 novembre 2009 se trouvaient sur place la petite équipe habituelle de Pierre Ben. Etaient ainsi présents :

Pierre Ben ;
Ghislain Lobel et son fils ;
Albert Berthet ;
Alain et Vincent Boutté ;
Jean-Michel Goyat ;
Amédée de Francqueville ;
Monsieur Boizard, l’agriculteur, ainsi que sa famille ;
Monsieur Dairaines, le grutier ;
Jean-Pierre et Jackie Ducellier.
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