Récit du Docteur Guy Troché

La construction du lotissement de Saint-Mard, à hauteur de la ruelle, débuta au Printemps 2007. Il fut terminé et habité au cours de l’été 2008. Les bordures de la ruelle, le pourtour de la stèle des aviateurs étaient à refaire totalement. Profitant de cette opportunité, Monsieur Patrick Moizard, Maire actuel de Saint-Mard, en accord avec tout son conseil municipal, ainsi que la famille du Lieutenant Belin, décident de creuser autour de la stèle à la recherche des restes de l’aviateur disparu. Ceci fut effectué durant toute la journée du lundi 13 octobre 2008.

Quelques fragments de l’avion DB7, des tôles du fuselage de couleur de camouflage marron, des pièces de moteurs dont un cache-culbuteur et un culbuteur permettant d’identifier un moteur en étoile Pratt & Witney, une petite partie de mitrailleuse permettant d’identifier le calibre 7,5 mm propre aux armements des avions français, furent ainsi trouvés : la stèle avait été construite sur le lieu exact du crash de l’avion.

Mais aucune trace du Lieutenant Belin …

La déception fut à la grandeur de l’émotion qui étreignait chacun des participants. Tout d’abord le fils de l’aviateur disparu et son épouse puis, le Maire de Saint-Mard, Monsieur Patrick Moizard, et les membres de son conseil municipal, grâce à qui cette recherche fut possible.

Enfin, chacun avait une pensée émue pour Madame Luce Belin, veuve de l’aviateur disparu, qui venait de fêter ses 96 ans, la veille, le 12 octobre. Madame Belin qui avait gardé secrètement l’espoir qu’un jour les restes de son mari puissent reposer à Marrey sur Tille, dans le caveau familial.

Le lieutenant Belin rejoint la longue liste des "disparus dans le ciel" de la 2ème guerre mondiale.

Madame Germaine Lherbier, Directrice des infirmières pilotes et secouristes de l’air et du service de recherches des morts et disparus de l’armée de l’air, s’était rendue plusieurs fois à Saint-Mard durant la guerre : elle écrivait le 1er mars 1943 à Madame Belin :

"J’ai tant étudié avec ma tragique expérience le drame de ce malheureux équipage, j’ai tant essayé de trouver une tombe où vous pourriez pleurer, mais en vain, et je crois maintenant que le Lieutenant Belin, pulvérisé, est passé du ciel au ciel. Ce qui demeure dans une tombe n’est rien. Seuls comptent l’âme et son immatériel rayonnement".

Madame Luce Belin se répétait souvent cette phrase … mais gardait toujours espoir.

Le grand livre de Saint-Mard ne sera pas fermé … La trajectoire du 7 juin 1940 de cet équipage du DB7 est sortie de l’oubli.

Au bord de la ruelle demeure la stèle des aviateurs qui est à la fois un mémorial et une nécropole. Nécropole, pour le Lieutenant Belin et mémorial pour le Sergent Chef Guy Descamps – Pilote, et le Sergent Legoff, mitrailleur, qui tous deux reposent dans une sépulture connue ; Le Sergent Chef Descamp au cimetière militaire de Condé Folie (80) et le Sergent Legoff au cimetière de la Miséricorde à Nantes (44).

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Article du Courrier Picard


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